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Janvier 2007

Les principaux évènements intervenus pendant la trève des confiseurs

Laboratoires

- Gérard Le Fur, en quête d'une nouvelle alchimie pour Sanofi-Aventis
(Les Echos, La Tribune - 2 janvier 2007, Investir - 30 décembre 2006)
En ce début d'année, La Tribune et Les Echos dressent un portrait de Gérard Le Fur, devenu depuis le 1er janvier directeur général de Sanofi-Aventis tandis que Jean-François Dehecq prend la présidence du conseil d'administration du groupe. Les deux quotidiens économiques développent les défis que Gérard Le Fur aura à relever « alors que Sanofi-Aventis traverse depuis quelques mois une zone de fortes turbulences ». Concurrence des génériques, retard pour Acomplia® aux Etats-Unis, durcissement des politiques de santé en France et en Allemagne avec leurs corollaires de baisses de prix... voici quelques uns des défis que le nouveau directeur général aura à relever. La Tribune estime que l'arrivée de Gérard Le Fur « pourrait bien marquer un tournant » tandis que Les Echos soulignent que « son rôle sera aussi de préparer l'avenir et de réussir à démontrer qu'il y a d'autres médicaments qui disposent d'un potentiel de blockbuster ». Les deux quotidiens économiques notent qu'il sera épaulé par Jean-François Dehecq, La Tribune indiquant que « certains interprètent la mise en place de ce tandem comme une façon de gérer la transition en douceur ».

- « Retraite en or pour l'ex-pdg de Pfizer »
(Le Figaro Economie, Le Monde, Les Echos, La Tribune - 26 décembre 2006
Henry McKinnell, ex-pdg de Pfizer, va toucher des compensations et primes de départ à la retraite allant de « 180 à 198 millions de $ », indique Le Figaro Economie. Le quotidien rappelle qu'il devait occuper ces fonctions jusqu'en février 2007 mais il a posé sa démission pour le 18 décembre, provoquant « la colère des actionnaires » et « précipitant son départ cet été ». ayant la pris la tête du groupe américain en 2001, il peut se targuer de l'avoir amené de la 14e à la 1e place mondiale. Il a été remplacé en juillet dernier par Jeffrey Kindler. Le Monde précise qu'il bénéficiera « de la couverture des soins de santé des retraités de Pfizer ».

- Les autorités financières allemandes enquêtent sur l'OPA de Bayer sur Schering
(Financial Times - 22 décembre 2006 ; Wall Street Journal Europe - 22/26 décembre 2006)

Les autorités financières allemandes (Bafin) viennent de lancer une enquête sur l'OPA de Bayer sur Schering, et plus particulièrement sur les achats d'actions de Schering par Bayer quelques semaines avant que Merck KGaA n'annonce son intention de racheter Schering. Le Wall Street Journal Europe souligne que ce genre d'enquête est lancé lorsque les autorités remarquent des irrégularités dans les achats d'actions. Le quotidien rappelle que Merck KGaA avait annoncé une OPA sur Schering le 13 mars 2006, sur laquelle Bayer avait surenchéri dix jours plus tard. Bafin précise que l'enquête pourra durer des semaines ou des mois. Le Financial Times indique que Bafin s'est aperçu que trois jours avant la déclaration d'OPA de Merck KGaA, « le volume d'actions acheté par Bayer était trois à cinq fois plus importants que les jours précédents », faisant ainsi grimper l'action de 9 % à 65,80 euros, incitant Schering à repousser l'offre de Merck KGaA de 77 euros par action. La perspective d'un plus offrant a permis à l'action de Schering d'atteindre le 82,40 euros les jours suivants. L'OPA proposée par Bayer fin mars s'élevait à 86 euros par action, relevée à 90 euros par action après que Merck KGaA ait bloqué le rachat.

- Yussuf Hamied (Cipla) : « l'homme qui défie les géants mondiaux de la pharmacie »
(La Tribune - 26 décembre 2006)

La Tribune a choisi Cipla et son président Yusuf Hamied pour inaugurer une série d'articles sur « ces groupes et ces patrons qui vont compter en 2007 ». L'article explique que celui-ci « est vu comme un bienfaiteur depuis qu'il a proposé un traitement antisida à 320 $ ». La Tribune développe ensuite les différents évènements et déclarations, qui, du procès de Pretoria aux récentes poussées d'épizootie de grippe aviaire, ont contribué à lui forger cette « image de pourfendeur de l'apartheid médical ». Parallèlement, le quotidien économique fait un point sur l'industrie pharmaceutique indienne qui, au-delà de sa réputation acquise avec les génériques, se lance maintenant dans la course à la taille.

- BMS révise ses objectifs 2006 à la baisse
(Communiqué BMS - 21 décembre 2006, La Tribune, Financial Times - 22 décembre 2006)
BMS est parvenu à un accord avec le département américain de la justice et avec le procureur général du Massachusetts pour un règlement à l'amiable de l'enquête initiée il y a plusieurs années sur les méthodes de fixation des prix par le laboratoire. BMS a ainsi accepté de verser 499 millions de $ pour mettre fin à ces poursuites, réduisant ainsi fortement ses prévisions de bénéfice pour 2006. Initialement prévu dans une fourchette de 0,97 à 1,02 $ par action, celui-ci ne devrait plus être que de 0,72 à 0,77 $.

- « Novartis dans le collimateur des ONG »
(RTBF.be - 21 décembre 2006)
La Radio-télévision belge francophone (RTBF) annonce sur son site que le suisse Novartis est « dans le collimateur des ONG ». Alors que la firme veut intenter un procès contre le gouvernement indien pour avoir refusé d'accorder un brevet à son anticancéreux Glivec®, l'ONG Oxfam solidarité demandait il y a un mois « que chacun écrive au directeur général de Novartis pour exiger que l'entreprise abandonne ses poursuites ». C'est au tour maintenant de Médecins sans Frontières de lancer une pétition. Le gouvernement indien motive sa décision en affirmant que Glivec® n'est pas un médicament réellement innovant et en rappelant que la loi indienne permet de « faire passer les besoins des malades avant les brevets ». Sans brevet, Glivec® devient génériquable. Mais Novartis a fait savoir qu'il ne reviendrait pas sur sa décision.

- « Les effectifs des VM mis à la diète »
(La Tribune - 26 décembre 2006)

A l'occasion de l'annonce par Pfizer d'une réduction de ses effectifs commerciaux de 20 %, La Tribune propose un point sur la question des dépenses de promotion d'une industrie pharmaceutique « en pleine réflexion sur son modèle de développement ». L'article estime qu' « entre le manque de nouveautés, la pression sur les prix et l'âpre concurrence des génériques, l'intense démarchage des médecins a perdu de son sens ». Aussi, commence à s'imposer une réduction des coûts et des effectifs commerciaux dans un environnement où l'outil commercial doit de plus en plus s'adapter au portefeuille de produits.

- Des programmes d'aide à l'observance par les labos bientôt autorisés
(Le Monde - 26 décembre 2006 ; Le Figaro Economie - 27 décembre 2006)
« Progressivement, les firmes pharmaceutiques s'infiltrent dans l'espace privé des patients », annonce Le Monde. Car le gouvernement devrait bientôt leur permettre de « développer des programme d'aide à l'observance à destination des malades, afin de les inciter, par contact téléphonique ou visite à domicile, à bien prendre leur traitement », ajoute le quotidien. Cette mesure a été insérée dans la transposition d'une directive européenne qui doit faire l'objet de discussions à l'Assemblée nationale le 11 janvier 2007. Le Figaro Economie indique que la revue Prescrire a immédiatement dénoncer cette « dérive » qui n'est autre qu'un nouvel outil commercial pour « fidéliser » le client. Les associations de patients se montrent également réticentes, tout comme l'Inspection générale des affaires sociales (Igas). Le Monde rappelle que les programmes d'observance existent depuis de nombreuses années aux Etats-Unis et ont fait une entrée discrète en France à la faveur d'un vide juridique : « Depuis 2001, l'Afssaps a été saisie d'une quinzaine de demandes d'autorisation par les laboratoires et en a accepté la moitié ». Face à des demandes croissantes, le ministère de la Santé a choisi de réglementer ces programmes « plutôt que de laisser faire », tout en posant la question : « quand les gestes techniques sont difficiles à apprendre, est-ce à l'assurance-maladie d'endosser ce coût ou au laboratoire d'assurer le package de la prise en charge de son produit ? »

- Pataquès entre revues médicales
(Wall Street Journal Europe - 27 décembre 2006)
Le Wall Street Journal Europe explique que le New England Journal of Medecine (NEJM) a publié le mois dernier des résultats d'études mettant en avant que le traitement de l'anémie par l'érythropoïétine (EPO) chez les patients atteints de maladie du foie, comme recommandé par la National Kidney Foundation, augmente le risque de défaillance cardiaque et la nécessité d'une dialyse. Cependant, le NEJM a écarté de sa publication l'article de l'un de ses auteurs, Robert Steinbrook, faisant état de donations de plusieurs millions de $ à la National Kidney Foundation de la part des laboratoires qui fabriquent ces médicaments. Mécontent, l'auteur a proposé son article à The Lancet, qui en a publié une version sur son site internet le 17 novembre dernier. L'article en question souligne les relations entretenues entre la Fondation et certains laboratoires, dont elle a reçu beaucoup d'argent en 2005 : « 4,1 millions de $ par Amgen, 3,6 millions de $ par la biotech Ortho de J&J, qui commercialisent l'EPO aux Etats-Unis ».

- Investir présente le bilan 2006 d'Ipsen, qui « réalise 70 % de ses ventes en Europe et près de 50 % en France », réparties entre ses pôles de médecine générale d'une part, et de traitements en oncologie, endocrinologie et des désordres neuromusculaires d'autre part. L'hebdomadaire note qu'après une année en Bourse, l'action d'Ipsen « a gagné près de 50 % » en un an, grâce à une stratégie réussie de séduction des investisseurs. Ses bons points : un accord de licence avec l'américain Medicis pour la commercialisation de l'antiride Reloxine®, un partenariat de recherche mondial avec Roche, un accord de distribution avec Tercica et le maintien du taux de remboursement de Tanakan® en France.

- L'Allemand Altana indique dans un communiqué daté du 29 décembre 2006 que la vente de sa division pharmaceutique est maintenant finalisée et appartient désormais au Danois Nycomed. L'acquisition s'est conclue à près de 4,6 milliards d'euros. L'annonce de la cession remonte au 21 septembre dernier, les autorités antitrust américaines et européennes se sont prononcées favorablement, tout comme les investisseurs lors de l'assemblée générale d'Altana le 19 décembre dernier. (Communiqué Altana)

- La Tribune note que le cours de la société de biotechnologie californienne Telik a plongé de 70,85 % à 4,74 $ le 26 décembre dernier, après l'annonce de résultats peu concluants pour son anticancéreux Telcyta®, en phase III d'essais cliniques. L'International Herald Tribune précise que le médicament n'a pas démontré son efficacité dans « l'allongement de la vie des patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules ou d'un cancer des ovaires ».

Anne-Lise Berthier, Mélanie Mazière et Anne-Laure Mercier

 

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