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Janvier 2007

Le Leem prône une rationalisation du tri des médicaments

Le Leem vient d'engager sa responsabilité dans le futur dispositif concernant les médicaments inutilisés, via le réseau TULIPE. De son côté, Cyclamed continue d'exister et conserve ses activités environnementales.

La décision est imminente et elle a son importance. Elle risque, en tout cas, de faciliter le travail de nombreuses ONG dans les pays en développement. Mais également sur le territoire français. Dans le cadre de discussions (actuellement en cours au Parlement) sur diverses dispositions relatives au médicament, le gouvernement vient de proposer un amendement au Code de la Santé Publique précisant les conditions de collecte et de réutilisation des spécialités thérapeutiques non utilisées. D'après le Professeur Yves Juillet, inspecteur général de TULIPE et conseiller du président du Leem, les pouvoirs publics ont souhaité « une évolution du dispositif en vigueur de manière à pallier le problème du tri des médicaments ». Pour cela, la plate-forme TULIPE, traditionnellement habilitée à distribuer des produits pharmaceutiques en situation d'urgence, verra ses compétences étendues. Elle sera chargée, à l'avenir, de soutenir l'aide humanitaire internationale de façon constante, via son propre réseau de distribution.  

Dès la publication du décret parlementaire, les parties prenantes (pouvoirs publics, ONG, associations environnementales, organisations professionnelles) disposeront d'un délai de 18 mois pour affiner les besoins de chacun, aussi bien qualitativement que quantitativement (liste de médicaments essentiels). Et ainsi remplacer l'ancien système qui a fait son temps. A ce propos, le Leem dit avoir amorcé une réflexion avec les deux ONG que sont l'Ordre de Malte et Médecins du Monde. Si la première intervient en priorité dans les pays en développement, la seconde bénéficie d'un champ d'action intéressant en France puisqu'elle opère auprès des SDF et des sans-papiers.

Malgré l'absence de chiffres officiels, les dirigeants du Leem se sont pourtant laissé aller à quelques estimations. Selon eux, les déchets d'emballages médicamenteux (soit environ 80 000 tonnes par an) représenteraient un investissement annuel de 10 à 15 millions d'euros, le circuit allant du pharmacien aux incinérateurs devant, quant à lui, être doté d'un montant compris entre 3 et 5 millions d'euros. Enfin, TULIPE nécessiterait, de son côté, un apport de fonds estimé entre 2 et 4 millions d'euros, pour fonctionner convenablement (essentiellement financé par des dons).

Par ailleurs, la récupération des produits pharmaceutiques, qui n'ont pas servi, par le pharmacien se poursuivra dans sa dimension environnementale. L'objectif sera donc de sécuriser, au maximum, la chaîne de destruction des médicaments. Pour ce faire, les officinaux devront retourner les spécialités jugées impropres à la consommation vers les établissements compétents (grossistes-répartiteurs, incinérateurs). A travers le partenariat conclu, en 2006, avec Adelphe Eco Emballages, le Leem entend également contribuer aux coûts du traitement des boîtes de médicaments, habituellement déposées par les patients dans les circuits de déchets d'emballages ménagers.    

Eviter les gaspillages, respecter l'environnement et alimenter l'aide humanitaire médicamenteuse, tels seront les objectifs ambitieux de ce nouveau dispositif qui ne devrait pas tarder à voir le jour. A noter également que Cyclamed, qui a obtenu un agrément du ministère de l'Environnement l'année dernière, continuera d'exister et conservera ses activités, en parallèle.

Jonathan Icart
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