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Septembre 2007

Leem : pour un « grenelle de la santé »

Dans son point d'information de rentrée qui a eu lieu mardi 18 septembre, Christian Lajoux, le président du Leem, a souligné la nécessité de relancer une politique de santé doublée d'une politique industrielle, indispensables pour redonner à la France une position dominante dans le domaine des sciences du vivant.

En dépit de leur forte mise à contribution à l'effort de diminution de la facture de l'assurance maladie (65% des économies réalisées au cours des dernières années pour 20% des dépenses), « les entreprises du médicament n'ont aucune responsabilité dans l'accroissement de la dépense remboursable de médicaments ». Le message du président du Leem est on ne peut plus clair : si les dépenses remboursables continuent à augmenter plus vite que prévu (croissance en ville de l'ordre de 2.2% à 3% attendue en 2007), l'explication est à rechercher du côté de la non gestion des ALD (qui représentent 60% de la dépense et 90% de sa progression) et de la prise en charge sur le compte de la ville de certaines dépenses hospitalières. Christian Lajoux a rappelé que près de 20% du chiffre d'affaires officinal est imputable à des prescriptions de médicaments de spécialité par les médecins hospitaliers. La faiblesse de l'automédication et l'échec des grands conditionnements contribuent également à alourdir la facture.

Des « mesures structurantes » indispensables

Pour autant, les déficits des comptes de la sécurité sociale ne doivent pas entraîner la mise en place d'un Ondam irréaliste. La fixation annoncée d'un taux de 2.8% pour la ville ne saurait être satisfaisante dans la mesure où « un taux inférieur à 4% ne permet tout simplement pas d'absorber la croissance naturelle des dépenses de santé ». Une véritable politique de santé - un « grenelle de la santé » - dotée de mesures structurantes et d'une vision à moyen terme (horizon 2015), doit enfin être mise en œuvre. Parallèlement, en finir avec la stigmatisation du médicament constituerait pour le président du Leem un autre moyen de faire revenir les investissements internationaux en France, au moment où notre pays accuse un « retard certain et préoccupant dans le domaine des biotechnologies », en dépit il est vrai de récentes mesures encourageantes en matière de crédit d'impôts recherche.

Des engagements précis

Enfin, outre la participation volontaire du Leem au plan Alzheimer souhaité par Nicolas Sarkozy et ses propositions concrètes de collaboration public/privé destinées à dynamiser la recherche et servir de modèle de coopération sur de futurs projets, Christian Lajoux est revenu sur les engagements des industriels concernant trois thèmes majeurs : la formation des professionnels de santé contre la iatrogénèse médicamenteuse, un prochain plan de progrès environnemental pour le secteur et les programmes d'accompagnement des malades. Sur ce dernier point, Christian Lajoux a insisté sur les récents principes éthiques proposés par le Leem (parmi lesquels un financeur clairement identifié et des programmes à vocation forcément non commerciale) et l'approche consensuelle qui commence à émerger, avec une définition plus précise du rôle de chacun.

Valérie Moulle
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