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Septembre 2007

Roselyne Bachelot à l'ACIP : L'OTC pourra être mis à disposition devant le comptoir

Pour la traditionnelle réunion de rentrée de l'Association des cadres de l'industrie pharmaceutique (ACIP), la ministre de la Santé a abordé deux thèmes phares : l'OTC et les prix des nouveaux médicaments.

Roselyne Bachelot l'a noté et confirmé : « L'industrie pharmaceutique n'est pas une industrie comme les autres ». Très attendue par les principaux responsables de tous horizons concernés par le présent et l'avenir de la branche du médicament, la ministre de la Santé a fait part de sa vision du secteur.

 « L'Amélioration des soins, le bon usage du médicament, l'obtention d'un meilleur rapport coût -efficacité, le progrès dans l'innovation, l'amélioration de la compétitivité de nos entreprises, tels sont les enjeux d'une politique du médicament cohérente et globale », a fait savoir Roselyne Bachelot, en soulignant que désormais toutes les conditions étaient réunies pour qu'un travail efficace puisse être mis en œuvre.

La surprise est cependant venue sur un thème où notre ministre n'était pas particulièrement attendue. « Je suis favorable à la mise à la disposition devant le comptoir de médicaments non remboursables », a déclaré cette dernière. « Qu'on l'appelle automédication ou médication familiale, l'essentiel est que cette forme de médication puisse être accompagnée d'un conseil pharmaceutique avisé. Cette disposition permettra une plus grande transparence, un exercice de la concurrence plus performant, et une information mieux structurée concernant le bon usage des médicaments ».

Ainsi la ministre de la Santé prend acte des attentes des patients et de l'évolution de leurs comportements : « Ils sont de mieux en mieux informés et sont désireux de pouvoir prendre en charge leurs inconforts passagers sans avoir à consulter un médecin », a-t-elle ajouté. « Il va de soi que l'accompagnement et les conseils d'un professionnel spécialisé, à la responsabilité engagée, permettent d'optimiser le rapport bénéfice-risque inhérent à la consommation médicamenteuse ».

Collaborations vertueuses autour des prix

Pour ne pas prêter immédiatement le flan à la critique - notamment de la part de l'Ordre des Pharmaciens, dont le président Jean Parrot, présent lors de l'annonce, s'est toujours montré farouchement hostile à tout passage de l'OTC de l'autre côté du comptoir - la ministre de la Santé a rappelé son attachement au principe du monopole. Un monopole officinal sur la dispensation des médicaments qui, à ses yeux, permet de « mieux garantir, pour le plus grand bénéfice des patients, un service de qualité compétent et responsable ». Mais qui permet également de se prémunir efficacement contre la « pénétration intempestive de médicaments contrefaits ».

Au-delà de cette ouverture, Roselyne Bachelot a souligné son souhait de voir la branche pharmaceutique dégager des gains de compétitivité « qui doivent, in fine, être profitables aux patients ». Elle a appelé dans ce cadre à « des collaborations vertueuses entre Leem, le Lir, l'Afipa et les pouvoirs publics », pour engager une décélération de prix des nouveaux produits pharmaceutiques qu'elle considère se situer à des niveaux sans précédent. « Nous ne pouvons plus nous permettre de dépenser sans discernement », a poursuivit la ministre de la Santé. « Il faut donc bien distinguer ce qui est indispensable et qu'il nous faut financer, de ce qui constitue un espoir de progrès trop ténu pour entraîner un effort substantiel de la collectivité », a insisté Roselyne Bachelot en s'interrogeant sur les limites que la collectivité pourrait être amenée à fixer dans le financement du progrès thérapeutique.

Jean-Jacques Cristofari
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