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Janvier 2008

Sanofi-Aventis : Le cri d'alarme du patron de la filiale allemande

Le président du conseil de surveillance de la filiale allemande, Hanspeter Spek, a fait part de ses préoccupations dans une interview passée dans le magazine économique « WirtschaftsWoche », qui titre en ce début d'année : « la société pharmaceutique Sanofi Aventis prépare une diminution des effectifs de ses services commerciaux »

Le système des prix de référence en vigueur outre-Rhin, qui condamne les spécialités éthiques, mêmes protégées par un brevet, à aligner leur prix sur ceux des génériques les moins chers pour être remboursés, condamne progressivement les laboratoires de recherche à l'asphyxie économique. Le procédé de régulation des dépenses remboursées par les caisses d'assurance-maladie, dénoncé de longue date dans les rangs des représentants de la branche, dont le VFA, équivalent allemand du Leem, faire litière des innovations et a progressivement réduit l'efficacité des forces de ventes des laboratoires. « Cela n'a aucun sens de promouvoir des médicaments auprès des médecins, si ces mêmes médicaments ne sont pas reconnus ni remboursés par les caisses », commente le président de la filiale allemande de notre champion national, qui se prépare à réviser les effectifs de sa visite médicale à la baisse. Une filiale qui emploie à ce jour au total 10 000 personnes outre-Rhin.

Recentrer sur le patient

Sur l'évolution des entreprises de la branche, le patron allemand partage l'opinion de son Pdg français, Jean-François Dehecq qui, récemment à Sciences Po, annonçait la fin d'un modèle pour la pharma, qualifié de « modèle Pfizer ». « Des conglomérats comme Pfizer, Novartis, mais également Sanofi Aventis, ont tout misé jusque là sur la taille et ont acquis un grand nombre d'autres sociétés. Mais la productivité n'a pas augmenté pour autant », commente Hanspeter Spek, en s'interrogeant sur la pertinence de la stratégie de son groupe. Face à la baisse de productivité des pipelines et aux turbulences que traverse la branche, qui ne peut pas encore vraiment s'appuyer sur les promesses des biotechs, Hanspeter Spek propose de recentrer l'action des laboratoires en direction des patients. « Nous avons aussi besoin de nouveaux managers ; à côté des chefs de produits, il nous faut des responsables de clientèle et nous ne devons pas seulement nous concentrer sur les innovations », ajoute le patron allemand. « Les caisses d'assurance-maladie veulent épargner, veulent payer moins et considèrent les innovations d'une manière de plus en plus critique. Nous le vivons actuellement avec Acomplia ». Pour sortir de la crise actuelle, la recette tient en deux phrases : « Nous devons faire plus à partir des molécules connues ». « Nous avons aussi bien besoin d'innovation que de médicaments établis et à moindres coûts ».

Acquisitions dans les vaccins

Pour l'avenir du groupe, le présidence du conseil de surveillance de la filiale allemande mise beaucoup sur l'évolution du marché des vaccins, dont la croissance se situe entre 10 et 15 % par an, soit deux fois plus rapidement que celui de la pharma classique. Aussi, considère-t-il encore, la part des vaccins dans le CA du groupe devrait, dans les prochaines années, passer de 10 à ce jour à 15 %. Des acquisitions ne sont pas à exclure dans ce cadre. « Nous regardons avant toutes choses ce qui est disponible ». Balayant d'un revers de main une quelconque fusion avec BMS, Hanspeter Spek évoque d'autres rapprochements possibles avec le secteur des biotechs, à l'instar de celui existant entre le groupe et la société américaine Regeneron. « Sur le fond, nous cherchons de bons médicaments, qu'il est possible de mettre sur le marché en 2010 ou 2011 », conclut-il. Une intention largement partagée dans la branche.

Jean-Jacques Cristofari
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