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Janvier 2008

Leem : les sciences du vivant constituent un enjeu industriel majeur

A l'occasion de la présentation des vœux du Leem pour 2008, Christian Lajoux est revenu sur la réalité avérée du changement de Business model du secteur du médicament et a souligné la nécessité pour la France de prendre le « virage de l'adaptation » et de « retenir l'enjeu des sciences du vivant et de sa dimension industrielle ».

En dépit d'une croissance supérieure aux attentes, estimée à environ 3.8% sur le marché pharmaceutique de ville en 2007, le président du Leem l'a rappelé : le secteur du médicament est confronté à un changement de modèle que nul ne saurait désormais contester. Génériques, pressions sur les prix et difficultés rencontrées par les laboratoires pour mettre sur le marché leurs innovations en sont les principales illustrations. Et la France est touchée au premier chef par cette mutation sans précédent. D'où la nécessité de prendre les « mesures structurantes » qui s'imposent pour pallier le retard de l'hexagone et son décrochage préoccupant dans le domaine de la recherche dans les biotechnologies. A ce sujet, Christian Lajoux n'a d'ailleurs pas manqué de rappeler certains chiffres inquiétants : 30% des investissements dans le domaine des biotechs réalisés au Royaume-Uni entre 2002 et 2004, pour 9% seulement en France. Aucune entreprise française dans le top 20 des sociétés de biotechnologie mondiales, pour 18 américaines et 2 européennes...

Des enjeux industriels majeurs

Il est donc plus que temps pour la France de considérer les sciences du vivant comme un élément clé de sa croissance future. Car les enjeux industriels sont de taille. Ce ne sont pas moins de 38000 emplois en production qui se trouvent aujourd'hui confrontés en France à des enjeux de rationalisation géographique (70% de la production de génériques et près de 50% de la production de médicaments OTC sont ainsi effectuées en dehors de nos frontières) et d'essor inéluctable de la bioproduction, segment sur lequel la France accuse un retard certain. Christian Lajoux a rappelé les conclusions d'une étude effectuée en 2007 par le cabinet de conseil Arthur D. Little : dans un scénario « statu quo », c'est une diminution d'au moins 28% des emplois qui est à redouter entre 2005 et 2015, notamment dans les fonctions de production et de promotion des ventes.

Une année 2008 riche en projets

L'attractivité et la compétitivité de la France doivent être relancées et, à ce titre, l'annonce récente par le premier ministre François Fillon de la reprise des travaux du CSIS (Conseil stratégique des industries de santé) constitue aux yeux du Leem une nouvelle encourageante. Une réunion devrait avoir lieu avant la fin du mois d'avril. Christian Lajoux a par ailleurs mis l'accent sur l'engagement du Leem dans le domaine de la recherche et a tenu à souligner la nécessité pour les industriels du médicament de « rendre des comptes » afin de permettre d'améliorer l'image d'un secteur soumis à de nombreuses critiques : la démarche RSE (Responsabilité sociétale d'entreprise) effectuée par les industriels va dans ce sens. Enfin, le renouvellement du partenariat CEPS-Leem sur l'hôpital (l'accord précédent expire fin mars 2008), des discussions visant à améliorer l'accord cadre ville (renouvelé en 2007), l'amélioration de la gouvernance du médicament en concertation avec l'UNCAM, la préparation de l'Assemblée générale de l'EFPIA (qui se tiendra en juin à Paris) et de la présidence française de l'Union européenne, ou encore des réflexions sur lois bioéthiques et la brevetabilité (qui seront révisées en 2009) constituent certains des enjeux de réflexion majeurs du Leem pour le 1er semestre de l'année 2008.

 

Valérie Moulle
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