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Janvier 2008

Rapport Attali : Claude Japhet contre-attaque

Le président de l'UNPF, Claude Japhet, monte au créneau. Pour son premier rendez-vous de l'année, le représentant des grosses officines françaises se dit « déçu » par les conclusions du rapport Attali qui préconise d'ouvrir « très largement » les professions réglementées, dont le métier de pharmacien, à la concurrence. Il fustige par ailleurs le rapport Beigbeder sur le « low cost » et défend sa vision de la médication officinale.

« Je reste persuadé que ces conclusions étaient déjà écrites avant le début des auditions. Quant on connaît la composition de la Commission Attali, il ne fallait rien attendre de bon nous concernant. » Le président de l'Union national des pharmacies de France (UNPF) ne mâche pas ses mots. Et pour cause, l'ouverture du capital, le numerus clausus à l'installation ou encore l'éclatement du monopole sont directement pointés du doigt par les auteurs d'un rapport aux allures de controverses. Tandis que le précieux sésame - un catalogue de 316 propositions visant à libérer la croissance - vient d'être remis (aujourd'hui) au président de la République, Claude Japhet lui « demande de ne pas tenir compte des recommandations sur l'ouverture du capital et de respecter les engagements de l'Etat français concernant la mise en demeure de la Commission européenne ». Il prie Nicolas Sarkozy de respecter « les parlementaires français qui viennent de réaffirmer l'intérêt du numerus clausus en modifiant les quotas... il y a deux mois à peine ». Et réclame également le maintien du monopole pharmaceutique « dans son intégralité » aux seules pharmacies d'officine.

Une réduction des prix de 10 à 15 %

Sur le front de la médication officinale, le président de l'UNPF se félicite du consensus qui a débouché sur des propositions concrètes le 15 janvier dernier, qualifiant même cette évolution de « nécessaire » pour maintenir le médicament dans l'officine. Au passage, il n'a pas manqué de brocarder le rapport Beigbeder sur le « low cost » qui voit d'un bon œil la distribution de ces spécialités en grande surface. Pour Claude Japhet, la profession doit néanmoins s'adapter à ce nouvel environnement et des changements s'imposent. Une réduction de 10 à 15 % des prix des médicaments de conseil officinal est donc souhaitée, à l'instar des démarches engagées en Italie, au Portugal ou au Danemark. Mais elle ne sera rendue possible qu'à deux conditions.

En premier lieu, les industriels du médicament devront avoir « une politique des prix catalogue plus cohérente avec la pratique », remarque-t-il, avant d'ajouter qu'un « abaissement de ces prix d'au moins 15 % est nécessaire ». De même, il considère que certaines augmentations « inconsidérées » lors des vagues de déremboursements jettent le discrédit sur l'ensemble de la chaîne et donnent « encore plus d'arguments à nos détracteurs sur la sortie de ces produits dans d'autres circuits de distribution ». Autre condition sine qua non à la baisse des prix envisagée par le président de l'UNPF : les pharmaciens devront « comparer et acheter en regardant le prix net effectif et non le taux des remises ». En somme, il leur demande d'abandonner leurs habitudes de coefficient normalisé - à 1,66 - sur le médicament non remboursable. Il prévient d'ailleurs l'ensemble de ses confrères : « Si le médicament conseil reste encore chez nous, il faudra que le patient/consommateur en soit économiquement bénéficiaire. » Une logique implacable qui ne demande qu'à trouver une application concrète en situation réelle.

Jonathan Icart

 

 

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