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Janvier 2009

Christian Lajoux (LEEM) : Sa feuille de route de la Pharma pour 2009

Le président du LEEM a présenté cette semaine à la presse son analyse de la branche pharmaceutique et les perspectives qu'il souhaite lui voir être ouvertes.

La branche pharmaceutique n'échappera pas aux retombées de la crise économique et de la récession que traversent les économies développées, a fait savoir le président du Leem en introduction à ses vœux pour 2009, présentés à la presse depuis le lieu symbolique de la Fondation pour la recherche médicale. « La situation de l'emploi directement induite par les changements majeurs auxquels sont confrontées les entreprises du médicament, risque de s'aggraver dans les prochaines années », a précisé Christian Lajoux, en soulignant que les acteurs de la branche ont su anticiper la crise actuelle en se dotant « d'outils et d'actions de formation destinés à accompagner les inévitables mutations auxquelles les laboratoires se trouvent désormais confrontés » Il a également rappelé, sans céder au défaitisme ambiant, que les chiffres de progression du marché pharmaceutique - + 1 % pour le médicament remboursable en 2009, + 2 % pour le marché total - n'ont rien de réjouissant. Face à la situation actuelle qui constitue à ses yeux une période de transition vers des cieux plus cléments, le président du LEEM a surtout tenu a indiquer les objectifs poursuivis par les industriels du médicament, notamment celui de faire de la France « une des grandes nations de demain dans les sciences du vivant. « Il s'agit également d'un investissement stratégique dans la perspective de l'indépendance de l'Europe », a ajouté ce dernier.

Un plan de « bioproduction » 

Dans un discours désormais bien rodé sur le sujet, Christian Lajoux a rappelé la nécessité de poursuivre les investissements et les efforts entrepris dans les partenariats public/privé en vue d'une consolidation des biotechnologies dans notre pays. Une perspective qui lui paraît structurante en termes d'emplois, au moment même où les entreprises du secteur sont amenées à réduire leurs effectifs, notamment commerciaux, mais surtout de production et de balance commerciale. « La recherche évolue : il n'est plus possible en effet d'appréhender la complexité du vivant avec les moyens et les méthodes habituels », a encore indiqué Christian Lajoux. « La France, premier producteur européen de produits d'origine chimique - en voie de générification - est trop peu présente dans les productions biotechnologiques », a martelé le patron du LEEM. Dans cette perspective, il a appelé de ses vœux la mise en place d'un plan de « bioproduction » pour sécuriser la production de lots cliniques en France. « Les unités de production commerciale s'implantent en effet plus volontiers dans les pays qui possèdent une filière développée de production de lots cliniques », a-t-il regretté. Il a proposé de créer un fonds de soutien à la production de lots cliniques et de favoriser en France la création d'un ou plusieurs nouveaux établissements de production de lots commerciaux.

Un secteur d'avenir

Soulignant que la contribution de la branche du médicament à la valeur ajoutée nationale est la plus importante d'Europe, avec près de 12 Mds € en investissements, revenus, salaires et taxes, le président du LEEM a exhorté l'Etat à « comprendre que le secteur a besoin d'un environnement favorable pour se développer de façon optimale ». Un développement qui passe par l'adoption d'une stratégie nationale de renforcement de l'attractivité du pays et par « l'instauration de règles stables, équitables et transparentes en matière d'environnement économique ». On ne pourra cependant que regretter que la référence, récurrente depuis plusieurs mois, à la tenue du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) n'ait toujours pas été suivie d'effet. La réunion annoncée pour février semble désormais repoussée à une date ultérieure et non définie. Certains industriels avancent en coulisse que le Conseil - voulu en son temps par l'ancien Premier ministre Raffarin - est un outil dépassé (1). « Nous voulons être les acteurs d'une coopération accrue avec l'Etat », a cependant insisté Christian Lajoux. Une coopération qui doit pouvoir se traduire dans l'évaluation médico-économique pilotée par l'HAS, pour peu qu'elle puise ses sources dans un « cheminement sans confusion », mais aussi dans l'évaluation comparative, pour peu qu'elle soit « prédictible, transparente et réalisée par les meilleurs experts. » « L'étude des stratégies thérapeutiques doit être équitable et respectueuse de la propriété intellectuelle », a encore souligné Christian Lajoux, en insistant sur le fait que l'évaluation devait aussi garantir l'accès aux meilleurs soins possibles pour chaque patient.

Enfin, le patron du LEEM, par ailleurs président du LEEM Recherche qui présentera prochainement son « bilan des avancées thérapeutiques » a indiqué ses priorités au plan de la recherche et de l'innovation, notamment celles de « faire de l'épidémiologie un fondement de la politique française en faveur de l'innovation médicale », de « favoriser la recherche clinique de phase précoce, dans les domaines d'excellence » ou encore d'accélérer l'émergence des infrastructures partenariales hôpitaux-CIC-plateaux techniques, lieux de la recherche biomédicale. » « Notre secteur d'activité est plus que jamais un secteur d'avenir, a conclu Christian Lajoux. Les entreprises du médicament veulent exprimer leur vocation fondamentale, leur double identité : être «des chercheurs de vie et des partenaires de santé» en s'inscrivant comme des acteurs économiques de premier plan. »

Jean-Jacques Cristofari
Rédacteur en Chef de Pharmaceutiques

 

(1) Eric Woerth, de son côté, a rejeté en novembre dernier une proposition d'amendement présenté par le Sénateur Jégou, au nom de la commission des Fiances, demandant à ce que le CSIS « examine chaque année (...) les conditions de régulation des dépenses de médicaments et de dispositifs médicaux ainsi que la politique menée en faveur de la recherche et de l'innovation dans le secteur des médicaments et des dispositifs médicaux. » « Le gouvernement ne souhaite pas donner une existence légale au Conseil stratégique des industries de santé (...) qui devrait être réuni prochainement par François Filon » lui a répondu le ministre du Budget et des Comptes publics

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