Actualité publiée sur le site
Janvier 2009

Progrès thérapeutiques : un bilan en demi-teinte

En 2008, 31 situations thérapeutiques ont été améliorées. Néanmoins, les résultats de ce bilan annuel font état d'un tassement de l'innovation. Pour le président du Leem, Christian Lajoux, le progrès thérapeutique n'est pas suffisamment valorisé sur notre territoire.

L'innovation santé a du plomb dans l'aile. Sur les douze derniers mois, 31 situations thérapeutiques ont été améliorées en France (1). Dans le détail, 2 ASMR I, 5 ASMR II, 3 ASMR III et 21 ASMR IV ont été attribuées par la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) durant l'année écoulée. Les principales avancées concernent essentiellement la cancérologie, l'infectiologie et les maladies rares. Dans les faits, ces trois axes thérapeutiques se répartissent, à eux seuls, 12 des 14 nouveaux produits avalisés. Dans une moindre mesure, l'anesthésie/antalgie, la dermatologie, la rhumatologie, les maladies cardiovasculaires et les soins palliatifs complètent le tableau. Pour autant, un constat - plutôt inquiétant - s'impose : 2008 coïncide avec un tassement de l'innovation. Au regard du précédent bilan annuel, les principaux progrès enregistrés l'an dernier couvrent un éventail plus restreint de champs thérapeutiques (8 contre 12 en 2007). Est-ce à dire que le rythme de l'innovation ralentit ?

Un tassement de l'innovation

A la lecture des chiffres présentés ce matin, les situations thérapeutiques ayant bénéficié d'améliorations sensibles étaient plus nombreuses en 2007 (51), en 2006 (58) et en 2005 (48). Pour le président du Leem, Christian Lajoux, un phénomène majeur justifie cette tendance à la baisse : la sévérité accrue des autorités réglementaires françaises. A ses yeux, ce tassement du progrès thérapeutique ne peut donc pas être mis en relation avec une quelconque panne de l'innovation. « Par définition, le flux de l'innovation n'est pas continu, avance-t-il. La mise au point des premiers anticorps monoclonaux est intervenue en 1986, mais l'éventail de leurs possibilités n'a vraiment été exploité que dix ans plus tard. Il s'agit donc de regarder l'innovation thérapeutique dans sa dynamique en prenant en compte les progrès engendrés pour les patients. » Il persiste et signe : « Je reste convaincu que le progrès thérapeutique n'est pas suffisamment valorisé en France. Il n'est pas possible d'invoquer la seule faiblesse de la recherche pour l'expliquer. »

Dynamiser la recherche et l'innovation

Pour accompagner les mutations du secteur, amplifiées par la crise économique actuelle, il lui paraît indispensable de soutenir la dynamique de l'innovation. « C'est l'objectif de la stratégie nationale de recherche et d'innovation lancée aujourd'hui par le président de la République, Nicolas Sarkozy, à laquelle les industriels veulent contribuer pleinement », souligne-t-il. Dans cette optique, le Leem vient de proposer cinq priorités en la matière : faire de l'épidémiologie un fondement de la politique française en faveur de l'innovation médicale ; favoriser la recherche clinique de phase précoce dans les domaines français d'excellence s'inscrivant en cohérence avec les domaines thérapeutiques identifiés par l'Initiative médicaments innovants (IMI) ; accélérer l'émergence des infrastructures hôpitaux-CIC-plateaux techniques, lieux de la recherche biomédicale ; mettre l'accent sur le développement de la chaîne de bioproduction en France ; mieux valoriser les résultats de la recherche publique. Tout un programme...

Pour rappel, l'intégralité de la liste des avancées thérapeutiques 2008 est accessible sur le site du Leem : www.leem.org

Jonathan Icart

 

(1) Ont été retenues les ASMR figurant sur le site de la HAS du 17 janvier 2008 au 15 janvier 2009 inclus. Rappelons que l'ASMR apprécie l'amélioration du service médical rendu par un médicament par comparaison aux autres médicaments déjà commercialisés dans la même classe. Elle est cotée de I à V, de majeure à nulle. 

 

Rechercher
Dans l'actualité
publiée sur le site