Actualité publiée sur le site
Janvier 2009

Infections nosocomiales : vers de nouvelles mesures préventives 

En dépit des bons résultats enregistrés en matière de lutte contre les infections nosocomiales, Roselyne Bachelot va lancer un nouveau programme élargi. Explications.

« Nous devons passer de la prévention des infections nosocomiales à la prévention de l'ensemble des infections associées aux soins. » La ministre de la Santé, pourtant satisfaite des résultats obtenus sur ce segment, veut aller plus loin et entend renforcer la lutte contre ce type de pathologies. Elle s'apprête effectivement à lancer un Plan stratégique national de prévention des affections liées aux soins (IAS) qui s'articulera autour de trois axes. Sur le terrain, il s'agira de renforcer l'organisation de la prévention des IAS, de mieux structurer les actions conduites en ce sens et d'agir sur les déterminants du risque infectieux associé aux soins. Des actions prioritaires et des objectifs quantifiés à atteindre pour les établissements de santé ont été fixés : extension de la prévention des IAS à tous les secteurs de soins (hôpital, médico-social, soins de ville, autres pratiques à risques infectieux) ; adaptation des programmes d'action aux spécificités de ces différents secteurs, aux catégories d'établissements ainsi qu'aux professionnels de santé ; régionalisation de la mise en œuvre de cette politique de prévention. A noter que cette démarche s'inscrit pleinement dans le nouveau programme national de prévention des infections nosocomiales qui s'échelonnera sur la période 2009-2012. 

Des résultats encourageants

Aux dires de la ministre de la Santé, l'engagement de nos établissements de soins en matière de lutte contre les infections nosocomiales semble avoir porté ses fruits. « Tous les indicateurs du tableau de bord sont en nette amélioration, se félicite-t-elle. Leur implication dans ce dispositif préventif est jugée comme bonne ou très bonne dans 85 % des cas. La part des établissements obtenant une bonne ou une très bonne note dans la consommation de produits hydro-alcooliques, reflet de l'hygiène des mains, est passé de 11 % en 2006 à 25 % en 2007. » Par ailleurs, elle a livré son point de vue sur la publication du classement 2007 des établissements de santé : « Il y a un an, nous avions 300 hôpitaux et cliniques qui ne suivaient pas ces infections dans les blocs opératoires. Désormais, ils ne sont plus que 162. » Sur près d'un million d'interventions chirurgicales surveillées, l'incidence globale des infections du site opératoire à diminué de 36 % entre 1999 et 2006. Elle était alors de 1,56 %. Toujours en 2006, la prévalence des patients infectés était de 4,97 % dans notre pays, soit une baisse de 12 % par rapport à 2001. A titre de comparaison, les résultats oscillent entre 4,9 % et 8,5 % au niveau européen. Autre bonne nouvelle pour Roselyne Bachelot, plus de la moitié des établissements accorde l'importance requise à la question du bon usage des antibiotiques. 

Poursuivre les efforts entrepris

Pour l'essentiel, deux raisons incitent la ministre de la Santé à poursuivre les efforts entrepris sur ce front. La première est d'ordre pathologique. Ces dernières années, de nouveaux phénomènes infectieux ont fait leur apparition (épidémies à germe pathogène, nouvelles bactéries multirésistantes) et compliquent inexorablement la donne. La seconde raison est plutôt structurelle, dans la mesure où ces nouveaux phénomènes infectieux ne se limitent pas aux seuls établissements de santé. Ils suivent désormais les patients tout au long du parcours de soins. D'après les dernières estimations, les infections nosocomiales sont la cause directe de plus de 3 500 décès chaque année en France. Pour Roselyne Bachelot, c'est encore trop...

 

Jonathan Icart

 

 

 

Rechercher
Dans l'actualité
publiée sur le site