Actualité publiée sur le site
Janvier 2009

Révisions de la loi bioéthique : des questions complexes

La première loi française de bioéthique a été votée en 1994. Une nouvelle révision se profile, dont l'enjeu porte sur des dossiers sensibles, comme celui de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, les avancées scientifiques dans le domaine des sciences de la vie posant en effet des questions d'éthique complexes.

Cette semaine, se sont déroulées les auditions de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur la révision de la loi bioéthique, au cours desquelles l'Agence de la biomédecine, créée par la loi du 6 août 2004, a été entendue. Celle-ci se définit comme un établissement exerçant ses missions dans les domaines du prélèvement et de la greffe d'organes, de tissus et de cellules, ainsi que dans les domaines de la procréation, de la recherche sur les cellules souches embryonnaires et de la génétique humaine. Elle s'est, entre autre, exprimée sur le recueil insuffisant du don d'ovocytes. La directrice générale de l'Agence, Emmanuelle Prada-Bordenave, a déclaré qu' « aujourd'hui, le problème est que le système de soins français est incapable d'accueillir des donneuses ». Cette dernière a également posé la question de savoir si la France n'aurait pas tendance « à se reposer sur des pays voisins », notamment en ce qui concerne la greffe d'organes. « La greffe de rein avec donneur vivant n'a pas pris son essor en France et nous le regrettons, relève-t-elle. Il faut donc soutenir ces activités dans les centres français. »

Un accord entre la santé et l'éthique ?

Sur la question de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, qui suscite de nombreux débats, Sadek Beloucif, président du conseil d'orientation de l'Agence de la biomédecine, considère qu'il faut trouver un consensus et « fournir un langage commun vis-à-vis des scientifiques et du public ». Pour lui, « on peut tous s'accorder sur le fait que la vie ne doit pas être profanée », et qu'une attention particulière doit être portée « aux plus vulnérables ». Le respect de la liberté individuelle, de l'intégrité et de la dignité de la personne est donc essentiel pour l'Agence qui estime cette recherche bénéfique car elle pourrait permettre de soigner l'homme. Même si les recherches menées en France sont encore extrêmement fondamentales, l'Agence de la biomédecine souhaite qu'il n'y ait « pas trop de retard » dans la révision de la loi. La date butoir de février 2011 doit être respectée car « il y a une attente de la société française ». Ces débats interviennent au moment où les travaux sur les cellules souches embryonnaires sont amenés à prendre un nouvel essor, en particulier après que la FDA a autorisé, le 23 janvier dernier, le premier essai clinique, mais également après les récentes décisions du président Obama d'annuler les restrictions introduites par son prédécesseur. De même, outre-Manche, l'association des Bio-Industries (BIA - BioIndustry Association) met elle aussi l'accent sur ce secteur, en créant en son sein un groupe réunissant les industriels impliqués dans les domaines de la médecine régénérative. Ce nouveau groupe baptisé BIA RegenMed Industry (RIG) a pour vocation de mettre en perspective les développements futurs du secteur.

 

Axelle Francine
Rechercher
Dans l'actualité
publiée sur le site