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Janvier 2010

UNCAM : Sophia séduit les patients et... les médecins traitants

D'après les résultats d'une enquête de satisfaction, publiés hier, les patients diabétiques (80 %) et les médecins traitants (50 %) ont plutôt une bonne opinion du programme de prévention des maladies chroniques mis en place par l'UNCAM. Tandis que la population cible devrait doubler cette année, de nouveaux départements vont permettre à l'expérimentation de gagner en consistance.

Nom de code : Sophia. Cible : les diabétiques en ALD (de type 1 et 2) de plus de 18 ans issus de onze départements français (1). Objectif : améliorer la qualité de vie des assurés sociaux et mieux prévenir les complications, souvent graves, liées à leur pathologie. Au 7 janvier dernier, 53 000 patients s'étaient laissés séduire par ce programme d'accompagnement des maladies chroniques, lancé en octobre 2008. Le directeur général de l'Union nationale des caisses d'assurance-maladie (UNCAM), Frédéric van Roekeghem (en photo), se félicite du bon fonctionnement du modèle expérimental. « Nous sommes contents des résultats obtenus dans la mesure où l'adhésion est facultative et repose sur la base du volontariat, a-t-il déclaré. Pour accompagner ce mouvement, nous allons doubler le nombre de patients adhérents dans l'année à venir et de nouveaux départements devraient être progressivement inclus dans l'expérimentation. » Le tout, dans la perspective d'une généralisation (non encore programmée) à l'échelon national, voulue par Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, qui a fait inscrire l'éducation thérapeutique des malades dans la loi HPST.    

80 % des adhérents sont satisfaits

Selon les résultats d'une enquête de satisfaction conduite par KantarHealth (2) pour le compte de l'assurance-maladie, 80 % des adhérents sont ravis de pouvoir bénéficier de ce service. Et 90 % d'entre eux sont même prêts à le recommander à d'autres patients diabétiques. Pas moins de 9 adhérents sur 10 estiment que Sophia les aide à comprendre le diabète et ses complications (veille sanitaire, équilibre alimentaire, vie quotidienne, suivi du traitement, activité physique). Il s'agit là d'une des raisons majeures (67 %) pour laquelle ils ont choisi de suivre ce programme d'accompagnement. Dans le détail, la palme du taux d'adhésion le plus élevé revient au Gers, avec 41,3 % de fidèles, tandis que la moyenne nationale s'établit aux alentours de 30 %. Autre enseignement de l'étude, Sophia enregistre un excellent taux de fidélisation. 98 % des patients qui y ont adhéré ne l'ont toujours pas interrompu. 86 % des patients ont par ailleurs évoqué la complémentarité de Sophia avec le dispositif du médecin traitant. Des données jugées « intéressantes » par le patron de l'UNCAM.

70 % des médecins traitants approuvent l'initiative mais...

Dans une entreprise comme celle-ci, le consentement du corps médical est indispensable. Bonne nouvelle, 70 % des médecins visés approuvent l'initiative de l'assurance-maladie. 62% des sondés pensent d'ailleurs qu'il lui incombe de proposer ce type de service. Selon les praticiens interrogés dans l'étude, Sophia présente plusieurs avantages : 77 % considèrent que ce programme n'empiète pas sur la relation médecin/patient, 70 % assurent qu'il permet de relayer leur message, 66 % qu'il est utile aux diabétiques. Au sein des onze départements pilotes, 7 300 médecins traitants ont au moins un patient éligible (une trentaine en moyenne) dans leur patientèle et 86 % d'entre eux (environ 6 300) ont au moins un patient adhérent. Des chiffres encourageants pour l'UNCAM en vue d'une future généralisation. Pour autant, seul un médecin traitant sur deux a une bonne opinion du service et 45 % seulement se sentent véritablement concernés. Et ce, malgré la promesse d'une incitation financière par patient : une rémunération forfaitaire fixée à 2 C (44 euros) dans le cadre de l'évaluation médicale initiale et à 1 C (22 euros) pour l'actualisation annuelle des données médicales du malade.

Pour atteindre son objectif, l'assurance-maladie souhaite améliorer les outils mis à disposition du médecin traitant et ainsi faire progresser le suivi de ces patients, tout en continuant de les informer (entretiens téléphoniques, courriers thématiques, espace d'information en ligne sur le diabète, journal « Sophia et vous », livrets Repères). Pourtant, en dépit des évolutions positives enregistrées ces dernières années, d'importants progrès restent encore à accomplir. Sur la scène européenne, une récente étude Commonwealth Fund montre que la France a encore du retard en matière de soins préventifs délivrés aux diabétiques. Seuls 31% des adultes atteints par cette pathologie disposent d'un suivi complet comprenant les quatre examens recommandés (hémoglobine glyquée, examen des pieds, examen du fond de l'œil, bilan du cholestérol), là où d'autres pays comme les Pays-Bas et le Royaume-Uni culminent à 60 %, voire près de 70 %.

 

Jonathan Icart

 

(1) Seine-Saint-Denis, Loiret, Puy-de-Dôme, Alpes-Maritimes, Tarn, Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Gers, Sarthe et La Réunion (depuis le 15 septembre dernier).

(2) Ces enquêtes de satisfaction ont été réalisées en deux temps. Entre les mois d'octobre et de décembre 2009, près de 10 000 courriers ont été expédiés aux assurés suivant le programme Sophia, pour un total de 1 201 questionnaires exploités. De leur côté, 503 médecins ayant au moins un adhérent dans leur patientèle ont été interrogés par téléphone au mois de décembre dernier.

 

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