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Janvier 2011

Dossier médical personnel : rendez-vous en avril

La généralisation du dossier médical personnel aura bien lieu. Mais au mois d'avril, lorsque les patients y auront véritablement accès. En attendant, les professionnels de santé et les établissements de soins peuvent commencer à créer les premiers DMP.

Initié par la loi du 13 août 2004 et maintes fois repoussé depuis, le Dossier médical personnel (DMP) a finalement vu le jour le 16 décembre dernier. Le 5 janvier 2011, à l'occasion de sa présentation officielle, les dirigeants de l'Agence des systèmes d'information partagés de santé (ASIP Santé) - l'agence ministérielle en charge de son déploiement - ont expliqué leur plan de marche. Durant les trois prochains mois, les professionnels de santé (médecins traitants en tête) et les établissements de soins se familiariseront avec l'outil, principalement dans les cinq régions pilotes (Alsace, Aquitaine, Franche-Comté, Picardie, Rhône-Alpes). Une sorte de test grandeur nature, qui ira de pair avec la multiplication des logiciels métiers « DMP compatibles » (il n'en n'existe que trois à l'heure actuelle). Une fois la mise à jour des éditeurs effectuée, les patients pourront (enfin) avoir accès à leur propre dossier sur le site Internet dédié (1)... vraisemblablement au printemps prochain.

Un démarrage progressif

« Ce n'est pas un démarrage, c'est un amorçage, mais c'est une étape importante, a confirmé Xavier Bertrand, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé. Le véritable départ du dossier médical personnel aura lieu au mois d'avril. » Même si la création d'un à deux millions de DMP (2) est espérée d'ici la fin de l'année 2011, le directeur de l'ASIP Santé, Jean-Yves Robin (en photo), ne s'est pas risqué au jeu des pronostics. « La mise en place et la généralisation du dossier médical personnel se feront de manière progressive, a-t-il précisé. L'idée est bien d'atteindre une masse critique suffisante afin d'évaluer la pertinence du système. Nous préférons avoir 500 000 dossiers pleins plutôt que deux millions de DMP vides... » En septembre 2011, une revue fonctionnelle du dispositif sera effectuée. Objectif affiché : affiner ses modalités d'usage sur la base des premiers retours d'expérience.

Des services à valeur ajoutée

Concrètement, le DMP doit permettre d'améliorer la qualité et la coordination des soins pour garantir une meilleure prise en charge des patients. Outre la possibilité d'éliminer les examens redondants, il devrait surtout faciliter le suivi souvent pluridisciplinaire des maladies chroniques, à l'image du Dossier communicant de cancérologie (DCC). D'autres services à valeur ajoutée de cet acabit suivront, notamment dans le domaine de l'asthme et du diabète. Autre avantage pour les bénéficiaires de l'assurance maladie : la gratuité. Les montants investis pèseront en effet sur le seul budget de l'ASIP Santé, via des financements publics comme le FIQCS (2) ou le FNGA (3). Une chance, puisque les coûts de déploiement sont estimés à quelque 22 millions d'euros par an. Du moins, en 2011 et en 2012. Au-delà, ces chiffres seront fonction du nombre de dossiers en circulation. Lorsque le service tournera à plein régime, la note atteindra un euro par DMP, par an et par patient.
Selon un sondage réalisé par l'institut Via Voice pour le compte du Groupe Pasteur Mutualité, 74 % des Français sont favorables au DMP. Mais compte tenu de son caractère facultatif, il faudra convaincre les 60 millions d'utilisateurs potentiels, sans oublier les soignants, de son utilité et de sa sécurité. Les dirigeants de l'ASIP Santé et le ministre de tutelle doivent d'ores et déjà s'armer de patience. Le temps de l'appropriation risque d'être long...         

 

Jonathan Icart
 

(1) Voir : www.dmp.gouv.fr (en ligne depuis le 5 janvier 2011).

(2) Fonds d'intervention pour la qualité et la coordination des soins - FIQCS.

(3) Fonds national de gestion administrative - FNGA.

(*) Voir également Pharmaceutiques n° 182 (décembre 2010) : « DMP, le bon départ ? ».

 

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