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Janvier 2011

Sanofi-Aventis/Astellas : deux visions de la régionalisation

Nicolas Cartier et Patrick Errard, respectivement directeur général de Sanofi-Aventis France et directeur général d'Astellas France, ont fait part de leur vision de la régionalisation des soins lors d'une table ronde organisée vendredi dernier par l'ESCP Europe.

D'un côté, le fleuron de l'industrie pharmaceutique française. De l'autre, une « petite PME » de 215 personnes (dixit son président), filiale d'un grand groupe japonais (1). Deux firmes, deux points de vue différents. En marge de la réorganisation du système de santé prévue par la loi HPST, les industriels du médicament procèdent - ou non - aux ajustements nécessaires. Pour le directeur général de Sanofi-Aventis France, les Agences régionales de santé (ARS) auront un impact non négligeable sur les orientations stratégiques choisies par son laboratoire. « C'est en tout cas une bonne opportunité d'amorcer un profond changement culturel, a souligné Nicolas Cartier. Nous voulons devenir une véritable entreprise de santé et non un simple fournisseur de molécules. Sur un sujet donné (ex : l'iatrogénie médicamenteuse) par rapport à un objectif donné (ex : la prévention), nous pourrons ainsi apporter nos connaissances et nos solutions. » A cette occasion, il a également fait savoir que le degré d'implication de son groupe serait nécessairement fonction des discussions et des échanges avec les ARS, notamment au sujet des PRS (2).

Un pouvoir trop « centralisé »

A l'inverse, le directeur général d'Astellas France se montre plus prudent. Selon Patrick Errard (en photo), la gestion des deux dernières crises sanitaires (grippe A/H1N1 et Mediator®) illustre une tendance de fond, incompatible avec toute idée de décentralisation et donc, de régionalisation des soins : « Nous avons fait un bond de 15 ans en arrière, a-t-il expliqué. Nous avons pu constater la volonté étatique de centraliser le pouvoir pour mieux contrôler la décision et ses conséquences. Dans les semaines, les mois et les années à venir, les priorités de santé publique seront toujours définies par l'Etat. » En conséquence, ce dernier ne juge pas utile de modifier l'organisation de son entreprise. « Les ARS n'auront pas la marge de manœuvre que l'on veut bien leur prêter, poursuit-il. J'imagine assez mal la déclinaison des grandes politiques de prévention ou du plan cancer en région. Le national conservera la main pour un certain temps encore. » Il reconnaît néanmoins à ces structures en devenir le mérite de proposer un interlocuteur unique, à même de répondre aux questions des laboratoires pharmaceutiques. Une visibilité qui pourrait s'avérer bien utile...

 

Jonathan Icart

 

(1) Né en 2005 de la fusion entre Yamanouchi et Fujisawa, Astellas est le second groupe pharmaceutique japonais.   

(2) Plan régional de santé - PRS.

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