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Janvier 2011

Alzheimer : l'espoir d'un vaccin

Améliorer le diagnostic précoce et la prise en charge ambulatoire. Telles sont les deux pistes envisagées pour lutter contre la maladie d'Alzheimer. D'après les experts réunis le 27 janvier par l'OCP au sein du club des spécialistes, aucun traitement médicamenteux révolutionnaire n'est attendu avant plusieurs années. L'espoir pourrait néanmoins venir des vaccins.   

Selon les dernières données épidémiologiques, 850 000 Français étaient atteints de la maladie d'Alzheimer en 2005. Avec 220 000 nouveaux cas enregistrés chaque année, cette pathologie progresse de manière exponentielle. Et les choses ne devraient pas s'améliorer compte tenu du vieillissement programmé de la population. A moins de pouvoir inverser la spirale, 1,3 million de personnes devraient être touchées en 2020 et près de 2,1 millions en 2040. Cette maladie, globalement méconnue, qui provoque une perte irréversible de la mémoire et des fonctions cognitives, pose des problèmes scientifiques, médicaux et sociaux importants. Pour répondre à ce triple enjeu, le plan Alzheimer 2008-2012 (1) a vu le jour il y a presque trois ans. Malheureusement, les traitements médicamenteux disponibles sont toujours aussi peu nombreux. Bien qu'efficaces, ils n'ont pour autre fonction que de ralentir les effets de la maladie et de retarder l'institutionnalisation des patients.

Une technique prometteuse

Il existe aujourd'hui quatre spécialités thérapeutiques à même de freiner l'évolution des symptômes. Trois inhibiteurs de l'acétyl-cholinestérase (Aricept®, Exelon®, Reminyl®) et un inhibiteur du glutamate (Ebixa®), respectivement indiqués dans les formes légères à modérément sévères et dans les formes modérées à sévères. Mais, faute de résultats convaincants en termes d'efficacité et de tolérance, la quasi-totalité des recherches sont interrompues au cours des phases de développement précoces (IIa et IIb). Aucun médicament curatif n'est attendu avant plusieurs années. Principale raison invoquée : les modèles animaux sont très difficiles à mettre en place dans les maladies neurologiques et psychologiques. La solution pourrait peut-être venir des vaccins. La technique la plus prometteuse (l'immunisation passive), qui consiste à injecter directement des anticorps monoclonaux, fait actuellement l'objet d'études avancées dans quelques laboratoires pharmaceutiques. Autre piste intéressante, la mise au point de marqueurs génétiques, biologiques et radiologiques. Des outils qui permettraient également de pallier un inconvénient de taille : le dépistage trop tardif de la maladie.    

Favoriser la prise en charge ambulatoire

Dans notre pays, le délai moyen entre la plainte et la pose du diagnostic est de 24 mois. Un chiffre qui nous situe à l'avant-dernière place du classement européen, juste devant la Grande-Bretagne (25 mois). Conséquence : l'autonomie de la personne est déjà altérée lorsque la pathologie est détectée. « Il faut impérativement trouver un moyen de raccourcir ces délais, affirme Bénédicte Défontaines, neurologue et directrice du réseau mémoire Aloïs. La solution envisagée serait de transférer la prise en charge des patients au stade léger de l'hôpital vers la ville. La plupart des examens (bilan neuropsychologique, scanner, IRM, scintigraphie cérébrale, ponction lombaire) sont également réalisables en ambulatoire. » De l'avis des principaux spécialistes, les hôpitaux de jour et les réseaux de soins offrent le précieux avantage d'améliorer à la fois le dépistage précoce et la prise en charge des malades. La pratique régulière de certaines activités stimulantes (musicothérapie, art thérapie, sport, etc.), le travail des aidants, le soutien des proches et le maintien à domicile, sont aussi perçus comme des facteurs susceptibles de limiter la dégénérescence.

Mais tout ceci à un coût. D'après les résultats d'une étude conduite par l'association France Alzheimer, le reste à charge pour les patients serait estimé à près 1 000 euros par mois. Des questions qui seront, à n'en pas douter, au cœur des débats sur la réforme de la dépendance. Un dossier confié à l'ancienne ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, aujourd'hui ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale.

 

Jonathan Icart

 

(1) Le plan Alzheimer comporte trois objectifs prioritaires : encourager un diagnostic plus précoce, améliorer la prise en charge des malades et de leurs aidants et favoriser la recherche.  

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