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Janvier 2012

La sécurité des soins par la simulation des risques

Après les simulateurs de vol, les simulateurs chirurgicaux ! Largement utilisée aux Etats-Unis et dans certains pays d'Europe, la réalité virtuelle permettant d'enseigner des procédures diagnostiques ou thérapeutiques est encore limitée en France. La Haute autorité de santé s'est donné comme objectif de promouvoir son développement.

La Haute autorité de santé (HAS) a missionné le Pr. Jean-Claude Grangy et le Dr Marie-Christine Moll pour réaliser un état des lieux des initiatives et expériences de simulation dans le domaine de la santé en cours au niveau national et de formuler des propositions pour favoriser son déploiement. Le rapport, rendu le 10 janvier 2012, dresse un panorama contrasté des activités réalisées sur le territoire français. « Encore limitée en France (1), la simulation en santé se développe. Elle est répartie de manière homogène sur l'ensemble du pays avec des techniques très variées, constate Marie-Christine Moll : consultations simulées, utilisation de mannequins grandeurs nature pilotés par ordinateur, "serious games", simulateurs chirurgicaux ou jeux de rôle. Les moyens financiers restent toutefois faibles. Et une part non-négligeable de l'activité est réalisée sur du temps non rémunéré. » Elle conclut sur un manque de règles et de bonnes pratiques dans le secteur.

« Jamais la première fois sur un patient »

C'est par cette phrase, « Jamais la première fois sur un patient », que le Pr. Jean-Claude Grangy, débute l'énoncé de ses dix propositions à la Haute autorité de santé (HAS). Celles-ci permettraient un développement structuré de la simulation et auraient un impact sur la qualité et la sécurité des soins. Plusieurs font référence à la formation par la simulation. « Les méthodes de simulation en santé doivent être intégrées dans tous les programmes d'enseignement des professionnels de santé, insiste-t-il. Cette formation (initiale et continue) par la simulation doit faire l'objet de coopérations public/privé entre universités, structures de soins ou instituts de formation. Et elle doit être faite par des formateurs bénéficiant d'une compétence réelle validée par un diplôme. » Les rapporteurs estiment ainsi que la simulation sera en mesure de répondre aux objectifs du Développement professionnel continu (DPC), comme définis par le décret du 30 décembre 2011 de la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé et Territoire) sur le DPC (2).

Des bonnes pratiques d'ici octobre 2012

« La simulation permet l'actualisation des connaissances et compétences, leur évaluation, l'amélioration des capacités de gestion de situations dites à risque et la reconstitution d'accidents graves, indique le Dr Jean-François Thébaut (en photo) de la Commission amélioration des pratiques et sécurité des patients de la HAS. L'accréditation de 7000 médecins d'équipes dites « à risque », nous a permis de constituer depuis cinq ans une base de données de plus de 35 000 évènements porteurs de risques. Dans le prolongement de la mission menée par le Pr. Grangy et le Dr Moll, et dans un rôle de promotion du développement de la simulation, nous créons au sein de la HAS un groupe de travail chargé de définir les bonnes pratiques pour mettre en place des plates-formes mutualisées et des programmes de simulation, ajoute-t-il. Le groupe se réunira dès la fin janvier et nos recommandations devraient être disponibles dès octobre 2012 », annonce-t-il.

Juliette Badina

(1) Les rapporteurs ont dénombré plus de 174 établissements et 101 écoles mettant en œuvre des techniques de simulation. Un travail plus approfondi a été réalisé auprès de 21 centres de simulation répertoriés par l'Association francophone de simulation en anesthésie réanimation et en médecine d'urgence (AFSARMU).

(2) Le DPC est défini dans l'article 59 de la loi HPST comme «l'évaluation des pratiques professionnelles, le perfectionnement des connaissances, l'amélioration de la qualité et de la sécurité des soins ainsi que la prise en compte des priorités de santé publique et de la maîtrise médicalisée des dépenses de santé».

 

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