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Janvier 2012

Roche et l'ICAN s'allient dans la recherche sur le diabète

L'Institut hospitalo-universitaire parisien ICAN a signé avec Roche son premier partenariat public privé. Leur collaboration devra permettre une meilleure compréhension des mécanismes de régression du diabète après traitement chirurgical de l'obésité.

Il n'aura fallu que trois mois à l'Institut Roche de recherche et médecine translationnelle (IRRMT) et à l'Institut hospitalo-universitaire de cardio-métabolisme et nutrition (ICAN) pour conclure un partenariat de recherche dans le domaine du diabète, annoncé le 18 janvier. Un délai exceptionnellement court qui confirme l'atout que représente la gouvernance simplifiée des Instituts hospitalo-universitaires (IHU) (1) pour négocier avec les industriels. Mais qui traduit aussi l'intérêt porté par les deux partenaires au thème de recherche sur lequel ils collaboreront : l'incidence de la chirurgie bariatrique (2) sur le diabète de type 2 chez les patients obèses.

Un nouveau modèle d'étude du diabète

Des études ont en effet montré que ce type d'intervention entraînait, chez une proportion importante de patients obèses et diabétiques, non seulement une perte de poids mais aussi une amélioration du diabète, ne s'expliquant pas seulement par une moindre absorption des aliments. Ce phénomène de régression du diabète est devenu pour les chercheurs de l'ICAN le principal modèle d'étude de la maladie.
L'IHU dispose d'un registre de 800 personnes suivies pendant huit ans, assorti d'une banque d'échantillons biologiques et de données sur des sous-groupes de patients non diabétiques, dont le diabète s'est maintenu après l'opération ou dont le diabète a régressé. Une étude prospective doit démarrer prochainement. « L'hypothèse que nous explorons, c'est qu'il existe des facteurs biologiques qui expliquent ces différences », explique Karine Clément (photo), directrice de l'ICAN. Selon elle, l'hétérogénéité du diabète impose de revoir la prise en charge des patients. De son côté, Roche, à la recherche d'approches complémentaires de celles menées en interne dans le traitement des maladies métaboliques, s'intéressait également à ce modèle.

Une recherche en synergie

La collaboration initiée entre Roche et l'ICAN, pour une durée initiale de trois ans, se fondera sur une mutualisation des projets de recherche et un partage de la propriété intellectuelle sur les nouvelles connaissances qui en résulteront. Outre l'aspect financier (plus d'un million d'euros pour l'IHU), il s'agira en effet de part et d'autre d'accroître les connaissances des voies de signalisation moléculaire impliquées dans la pathologie. L'enjeu du partenariat n'est pas de déboucher sur des applications thérapeutiques à court terme, mais plutôt sur l'identification de nouveaux biomarqueurs et de nouvelles cibles.
L'IRRMT prévoit d'investir 30 millions d'euros dans des partenariats sur la période 2012-2015. « La stratégie d'alliance de Roche n'est pas d'externaliser la recherche, mais de partager les questions fondamentales en mettant autour de la table toutes les expertises susceptibles de trouver les bonnes réponses », résume Jean-François Chambon, directeur des affaires publiques et de la communication de Roche France. L'objectif de l'IRRMT est de conclure cinq nouveaux partenariats d'envergure dès cette année.

Julie Wierzbicki

(1) Labellisés dans le cadre des appels à projets des investissements d'avenir, les six IHU français ont un statut de Fondation de coopération scientifique. Pour en savoir plus : Pharmaceutiques n°188, juin/juillet 2011 : « Recherche : les CHU prêts à relever de nouveaux défis »

(2) La chirurgie bariatrique vise à restreindre l'absorption des aliments. Exemples : gastroplastie, bypass gastrique

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