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Janvier 2013

Automédication : une croissance dynamique, mais fragile

Les ventes de médicaments sans ordonnance ont progressé de 3,2 % en 2012, à 2,2 milliards d'euros. L'Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (AFIPA) réclame cependant des mesures fortes pour garantir la pérennité de ce marché.

Pour la quatrième année consécutive, le marché français de l'automédication enregistre une hausse de son chiffre d'affaires (1). En 2012, les ventes de médicaments - remboursables et non remboursables - conseillés par le pharmacien ont atteint 2,189 milliards d'euros (+3,2 %). Dans le détail, les segments de l'antalgie (+5,1 %, à 19,8 M€), des voies respiratoires (+3,3 %, à 17 M€) et de la circulation (+10,9 %, à 13,5 M€) ont très largement contribué à cette croissance. « L'automédication devient progressivement une tendance de fond dans notre pays, se félicite Pascal Brossard, président de l'AFIPA. Son poids ne cesse d'augmenter au détriment de la prescription (-2,4 %). » L'innovation, la hausse de la TVA sur certains produits (2), les conditionnements trimestriels et les déremboursements expliquent, selon lui, ces résultats « encourageants ».

L'arbre qui cache la forêt ?

Il existe néanmoins quelques zones d'ombre. En France, l'automédication ne représente "que" 7,6 % du chiffre d'affaires total des médicaments vendus à l'officine, contre 10 à 12 % en moyenne chez nos voisins européens. Le ralentissement de la croissance observé au dernier trimestre illustre de son côté le caractère saisonnier de ce marché, qui reste tributaire des pathologies dites hivernales. Autre signal négatif : l'ANSM envisage de "relister" plusieurs produits pour des raisons de sécurité sanitaire, à commencer par les vasoconstricteurs oraux. « Une décision incohérente qui aurait un impact apocalyptique sur l'organisation des soins, avec une saturation des cabinets médicaux et des services d'urgence », assure Pascal Brossard. L'AFIPA attend donc des initiatives politiques fortes pour « inverser positivement » la logique. Les représentants de l'association suggèrent notamment aux pouvoirs publics de considérer l'automédication comme un levier de régulation du système de santé... en "délistant" 29 principes actifs.

Jonathan Icart


(1) "11ème baromètre de l'automédication", AFIPA/Celtipharm, janvier 2013.

(2) Au 1er janvier 2012, la TVA sur les médicaments non remboursables est passée de 5,5 à 7 %.

 

 

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