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Avril 2014

Des pistes pour développer l'e-santé

Dans un Livre blanc publié fin mars, le Catel (Club des acteurs de la télésanté) définit les enjeux du déploiement l'e-santé en France et émet 12 préconisations.

"L'innovation technologique [dans le domaine] des objets connectés" se développe en parallèle de l'"intérêt grandissant des citoyens à prendre en charge leur propre santé, qui selon certaines études, dépend pour 40% de leur mode de vie, pour 30% d'aspects environnementaux, pour 20% de la génétique et pour 10% seulement des soins. Ces innovations facilitent les prises en charge médicales collaboratives entre tous les acteurs de santé et la participation active du patient", observe Pierre Traineau, directeur général du Catel, qui présente 12 propositions en faveur de l'essor de la e-santé.

Identifier les usages

Le Livre blanc, rédigé par un groupe de travail réunissant une trentaine d'institutionnels, de chercheurs, d'associations, de professionnels de santé et d'industriels, préconise en premier lieu "d'identifier les différents domaines d'usage de la e-santé". "Celle-ci va bien au-delà de la télémédecine produite par les praticiens", explique Pierre Traineau. Son champ d'action est plus global et évolutif: suivi de l'alimentation grâce à des applications mobiles, capteurs de mesure de l'activité cardiaque, téléconseil, projets en ergothérapie pour faciliter le retour à domicile des patients... "Ces applications permettent une continuité de la consultation effectuée dans un cabinet médical ou dans un centre hospitalier et d'autres lieux (Ehpad, maison de santé, domicile)", poursuit le directeur du Catel.
Autre inconnue pour le moment, l'utilisation que le patient va faire de ces objets et applications et leur impact. Aussi, le think tank suggère d'"encourager une e-santé participative" impliquant les associations de patients et répondant à leurs exigences en termes de confiance et de sécurité des données. De même, le dossier médical partagé doit être mis "au service des applications de e-santé" pour être enfin adopté.
Par ailleurs, le club appelle à considérer certains usages de la e-santé comme des "activités de soins" et donc à rechercher des modèles économiques associés. Il insiste aussi sur la nécessaire formation des professionnels.

Adapter le cadre économique et juridique

Plus généralement, le cadre économique est amené à évoluer, avec notamment l'instauration de "modes de financements innovants" et une rémunération des actes des professionnels (intégration dans la classification commune des actes médicaux, forfaits, indicateurs de performance). "Des évaluations socio-économiques doivent être menées (...) pour mesurer l'efficience des applications à tout point de vue (médical, économique, organisationnel) et pouvoir prendre des décisions", indique Pierre Traineau. Le cadre juridique doit également être complété, avec une clarification de la responsabilité des acteurs et une prise en compte des changements législatifs au niveau européen.
L'évolution de la gouvernance doit se poursuivre en "définissant les règles de coopération entre les différents niveaux (national et régional) et acteurs: ministère, DGOS [Direction générale de l'offre de soins], agences régionales de santé, groupements de coopération sanitaire spécialisés, URPS [Unions régionales de professionnels de santé] de médecins, de pharmaciens, d'infirmiers...".
Enfin, le club souligne la nécessité d'une e-santé "ouverte et internationale". Cela passe par un soutien institutionnel à toutes les étapes, depuis la recherche jusqu'à l'industrialisation et l'évaluation, l'implication des acheteurs publics ou encore l'interopérabilité des systèmes. Il s'agira de "valoriser l'expertise médicale française", "de mettre en place des solutions pour la rendre accessible dans les pays où il y a des besoins", plaide Pierre Traineau.

Muriel Pulicani
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