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Novembre 2016

Nouvelle feuille de route pour France Biotech

Dotée d'une nouvelle direction, l'association d'entrepreneurs France Biotech repart en croisade pour faire de la France un « leader mondial » de l'innovation dans les sciences du vivant.

L'association France Biotech a présenté le 23 novembre la 14e édition de son « Panorama 2016 de l'industrie des sciences de la vie en France ». Parmi les bons résultats à souligner pour l'année 2015 figure le nombre record d'entrées en Bourse (14 IPO, dont deux au Nasdaq), et le montant des fonds levés sur Euronext Paris (616 M€, en hausse de 75,5 %).
Avec 69 sociétés cotées au 30 septembre, totalisant 8,6 Mds€ de capitalisation boursière, « la place parisienne est la deuxième mondiale derrière le Nasdaq sur les sciences du vivant », se réjouit Maryvonne Hiance (en photo), vice-présidente d'Osé Immuno-Therapeutics, élue à la présidence de France Biotech en juin dernier. La hausse globale des investissements dans le secteur des sciences du vivant en 2015 (plus de 1,6 Md€, en hausse de près de 84 %) masque cependant la faiblesse de l'investissement en capital risque (14 % de l'ensemble).

Mobiliser l'investissement privé

Si la France est désormais dotée de nombreux outils d'amorçage, il est quasiment impossible, selon les dirigeants de l'association, de lever des montants supérieurs à 50 M€, et ce même sur le marché boursier, à de rares exceptions près. « Nous considérons que l'Etat a déjà fourni beaucoup d'efforts, notamment au travers les fonds de Bpifrance. Il faut maintenant augmenter le financement privé », déclare Maryvonne Hiance.
L'avenant n°2 au Contrat de la filière Industries et Technologies de Santé, signé le 3 novembre dernier, prévoit un fléchage de 7,5 % de la collecte des fonds de retraite supplémentaire facultative - soit environ 1 Md€ par an - vers des fonds d'investissement. Durant des années, France Biotech a plaidé pour un recours à l'épargne en assurance-vie, mais « les obstacles techniques étaient trop importants », explique aujourd'hui Michel Finance, vice-président de France Biotech. Cette nouvelle proposition, plus consensuelle, a convaincu le CSF. « L'avantage de cette mesure est qu'elle ne pèsera pas sur le budget de l'Etat », ajoute Maryvonne Hiance, qui estime toutefois nécessaire qu'une loi vienne conforter ce contrat signé par quatre ministres. « Les assureurs n'appliqueront pas cette mesure s'ils n'y sont pas contraints », estime-t-elle.

Ouverture à l'international

Outre ce frein financier, l'association entend aussi faire évoluer le statut de la Jeune entreprise innovante (JEI), en portant à quinze ans (contre huit aujourd'hui) la durée des avantages concédés à ses bénéficiaires, avec une dégressivité les trois dernières années. Elle plaide pour une « stabilité fiscale sur tout un mandat » et pour un remboursement plus rapide du crédit impôt recherche. Au plan réglementaire, elle demande à la France de raccourcir les délais d'autorisation d'essais cliniques, notamment pour les phases I, que les sociétés françaises préfèrent souvent conduire dans d'autres pays européens plus réactifs.
La feuille de route de France Biotech inclut également un renforcement de sa communication pour lever les « freins culturels », et des actions fortes à l'international. Dans le viseur, Boston aux Etats-Unis, et la Chine « où l'argent existe et où les beaux projets sont recherchés », note Michel Finance. Un voyage à Shanghai et à Pékin est prévu pour l'automne prochain.

Julie Wierzbicki

 

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