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Janvier 2005

Le G5 se mobilise pour la recherche

Le G5, qui réunit les dirigeants de Fournier, Pierre Fabre, Ipsen, Sanofi-Aventis et Servier, a saisi l’occasion de la préparation de la loi d’orientation sur la recherche pour rendre publiques, ce matin, ses propositions en la matière. Ce groupe suggère notamment une augmentation des crédits de la recherche publique, un développement des passerelles entre recherche publique et privée, une amélioration du système du crédit d’impôt recherche et des efforts accrus en matière de recherche clinique.

En dessinant le contexte actuel dans notre pays, Jean-Luc Belingard, pdg d’Ipsen et porte-parole du G5, a rappelé des chiffres inquiétants : alors qu’à la suite du sommet de Lisbonne, le Conseil européen a fixé un objectif de dépenses de R&D au moins égal à 3  % du PIB à l’horizon 2010 (1 % par des fonds publics et 2 % par des fonds privés), le budget 2002 de R&D français n’a été que de 2,26 % du PIB. Pire, en 2003, ce ratio a diminué à 2,19 % (0,8 % pour le public, 1,4 % pour le privé), en rupture par rapport à la hausse observée depuis 1999.

Fruit d’un travail mené en commun par les directeurs de recherche des entreprises du G5, les propositions du groupe s’articulent autour de quatre grands axes.

Alors que la recherche et l’innovation sont au cœur de leurs activités, les entreprises du médicament ont un besoin vital en une recherche publique fondamentale « solide, de qualité et attractive ». Le G5 propose ainsi que soit programmé une augmentation annuelle de 1 milliard d’euros du budget de recherche consacré aux sciences de la vie, de 2005 à 2010. Ce budget serait concentré sur certains thèmes tels que cancérologie, endocrinologie, maladies neurodégénératives, métaboliques et cardio-vasculaires. Le G5 suggère également la création d’une Agence pour la recherche en sciences de la vie, où les industriels de la santé seraient représentés avec une voix au moins consultative. Elle aurait notamment pour mission d’utiliser de manière “appropriée” le budget alloué aux thèmes prioritaires.

Deuxième axe des propositions, aller vers la création de davantage de passerelles entre la recherche publique et la recherche privée, notamment en favorisant la mobilité des chercheurs vers les laboratoires pharmaceutiques, en soutenant les entreprises prêtes à créer des emplois pour accueillir des chercheurs et en permettant aux industriels de contribuer au financement de projets de R&D réalisés dans le public et d’accompagner ces projets.

Pour soutenir l’effort d’investissement des laboratoires en R&D, le G5 propose en troisième lieu d’améliorer le régime du crédit d’impôt recherche créé en 2003, via une meilleure prise en compte des efforts et des investissements réalisés par les laboratoires en R&D, et de déplafonner la réduction d’impôt -aujourd’hui limitée à 0,5 % du chiffre d’affaire - pour les entreprises qui financent des fondations ou des associations.

Enfin, le G5 insiste sur la nécessité d’amplifier la recherche clinique, en particulier en créant des centres d’excellences dans certains hôpitaux, en favorisant une véritable formation à la recherche clinique, en renforçant le rôle de l’Inserm au sein des équipes hospitalières et en simplifiant les circuits administratifs pour la mise en place des essais.

Les trois premiers ensembles de propositions ont été remis aux pouvoirs publics qui, a indiqué Jean-Luc Belingard, « leur ont réservé un accueil préliminaire favorable ». Concernant la recherche clinique, les propositions leur seront transmises prochainement.

Jocelyne Rajnchapel-Messaï

Le texte des trois premières séries de propositions du G5 peut être consulté ici >>>
(document pdf - 13 pages)

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