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Janvier 2005

Le Leem fait de la « bataille pour l’attractivité » sa priorité pour 2005

L’année qui commence « sera déterminante », notamment en ce qui concerne le renforcement de l’attractivité de la France vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique, estiment les responsables du Leem (les Entreprises du médicament) qui entendent bien faire de la « bataille de l’attractivité » leur priorité pour 2005.

« La France est menacée sur le plan de l’innovation mais aussi sur le plan de la production « a affirmé Pierre Le Sourd, président du Leem, en présentant, ce matin, ses vœux à la presse Rappelant qu’il y a une « forte demande mondiale » en matière de médicaments et qu’elle devrait augmenter, en 2005, de « 8 % en volume et de 13 % en valeur », le Leem estime que si la France tient son rang et retrouve son attractivité, le secteur du médicament pourrait créer, d’ici à 2012, 100 000 emplois et contribuer pour 20 milliards d’euros à l’excédent commercial de la France. Mais les chiffres indiquent clairement, selon le Leem, une perte d’attractivité de notre pays. Notamment, mais pas seulement, dans le domaine essentiel des biotechnologies (il n’y a que six sites de bioproduction en France) et dans celui de la recherche clinique : le nombre total des études déclarées à l’Afssaps a diminué de 20 % en cinq ans et une enquête menée parmi les entreprises du médicament indique que la France qui réalisait 11 % des essais cliniques européens il y a 3 ans n’en réalise plus que 8 % aujourd’hui. Pour redresser la barre et restaurer l’attractivité de la France, le Leem plaide notamment pour un développement de la recherche publique, pour la création de pôles de compétitivité réunissant recherche publique et recherche privée, pour une recherche clinique orientée vers les secteurs à « haute valeur ajoutée », (nécessitant notamment les recours à des biomarqueurs, à de l’imagerie médicale). Autant d’orientations que le Leem entend défendre devant le Conseil stratégique pour les industries de santé mis en place voici quelques mois. Les industriels espèrent aussi que l’agence de l’innovation, dont la création a été annoncée par Jacques Chirac, dans la foulée du rapport que lui a remis Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, contribuera au maintien de l’attractivité de la France.

Combattre la « perte de confiance »

Le secteur du médicament entend également faire de la bataille de la transparence une de ses priorités pour 2005. C’est là pour lui un moyen privilégié de lutter contre « cette perte de confiance » qui menace le secteur pharmaceutique et qu’a renforcée certaines affaires récentes, à commencer par les cas des anti-cox 2. Contribuer à développer les études épidémiologiques et la pharmacovigilance, favoriser une meilleure évaluation du médicament tout au long de sa vie, développer les études post-AMM , l’information et le concept de gestion de crise qui permet de prévoir à froid les « stratégies, les réactions, les décisions qui pourraient être prises si un produit traverse une zone de crise » voilà, selon Pierre Le Sourd, quelques-uns des moyens de combattre cette « perte de confiance » qui guette le secteur.

La politique du médicament et la réforme de l’assurance-maladie constituent aussi un sujet de préoccupation majeur pour le Leem. Rappelant que le secteur du médicament s’est engagé à faire des économies qui représenteront 2,1 milliards par an à l’horizon 2007, Bernard Lemoine, président délégué du Leem a rappelé qu’il s’agit là d’un « effort considérable ». A ces 2,1 milliards d’économies, s’ajoute le milliard d’économies sur les prescriptions prévu dans le cadre de la convention entre les médecins et l’assurance-maladie. Ce milliard-là, souligne Bernard Lemoine, dépend essentiellement des prescripteurs et dans l’hypothèse où cet objectif d’un milliard ne serait pas atteint, l’industrie pharmaceutique ne saurait en être tenu responsable. Le Leem semble s’inquiéter aussi des conséquences de la réforme de la politique du médicament à l’hôpital qui est mise en place de manière volontariste par le Comité économique des produits de santé et qui se traduit par un « effort puissant » demandé aux firmes pharmaceutiques. En revanche, a-t-il indiqué, il ne semble pas qu’il y ait aujourd’hui, de la part des pouvoirs publics, « une grande volonté » de recourir aux tarifs forfaitaires de responsabilité (TFR), qui suscitent la plus vive réticence de la part de l’industrie pharmaceutique.

Bruno Keller
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