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Janvier 2005

Convention médicale : la controverse s’intensifie

La signature de la convention médicale et les modalités de mise en place du système du « médecin traitant » continuent à susciter de multiples protestations dans une partie du corps médical, dans l’opposition et parmi certains syndicats de salariés.

Du coté des praticiens libéraux certains syndicats se mobilisent pour dénoncer le texte signé par trois organisations (CSMF, SML, Alliance) qui représentent la majorité des praticiens. Le syndicat de généralistes MG France a pris la tête de la fronde. Son président Pierre Costes a rendu publique, jeudi matin, une « lettre ouverte » qu’il a adressée au Premier ministre pour lui réaffirmer qu’ « il faut une nouvelle convention » et qu’il ne paraphera pas l’accord actuel qui, selon lui, fait peu de cas des généralistes. MG France avait été à l’origine du système du médecin traitant qui doit disparaître progressivement dans le cadre du nouvel accord. Il demande une convention spécifique pour les médecins généralistes et souhaite que disparaissent les différences actuelles entre les tarifs conventionnels des généralistes et ceux des spécialistes. MG France organisera le 22 janvier une journée de protestation à laquelle s’associeront d’autres organisations syndicales de moindre importance dont le Syndicat national des jeunes médecins généralistes et l’Inter-syndicat national des résidents (internes de médecine générale). Le syndicat du Dr Costes demande aussi aux praticiens de ne pas signer les formulaires de « médecin traitant », sauf pour leurs patients atteints d’une affection de longue durée. Un autre syndicat, la Fédération des médecins de France, est lui aussi opposé à la convention , mais pour des motifs sensiblement différents. Par ailleurs, une pétition lancée par deux généralistes de renom, les Drs Martin Winckler et Christian Lehmann auraient recueilli 3 000 signatures environ. Enfin, l’Ordre des médecins doit rendre son avis sur la nouvelle convention lors de la session de son conseil national, les 27 et 28 janvier.

Réagissant aux critiques du corps médical, Philippe Douste-Blazy a déclaré, ce matin, sur France Inter : « ceux qui ne veulent pas signer la convention (…), c’est la minorité ». Le ministre de la santé a ajouté qu’il ne faut pas « compter sur lui pour reculer ».

La nouvelle convention provoque également des réactions hostiles de la part de certains syndicats de salariés qui doivent rendre, jeudi soir, un avis sur ce texte lors d’un conseil d’administration de l’Union nationale des caisses d’assurance-maladie.

Le PS qui avait déjà parlé « médecine à deux vitesses » vient de renouveler ses critiques contre la convention. Gérard Bapt, député socialiste de la Haute-Garonne, et rapporteur spécial du budget de la santé, dénonce « une mise en cause du recours aux soins ». Les socialistes critiquent notamment les nouvelles possibilités de dépassements d’honoraires prévues pour les spécialistes et la diminution des taux de remboursements des malades qui ne respecteraient pas le parcours de soins.

B.K.
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