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Janvier 2005

Hôpital : les praticiens se mobilisent

Le ministre de la Santé ne sait plus où donner de la tête. Alors que la réforme de l’assurance-maladie suscite des contestations de plus en plus fortes, l’hôpital public vient se greffer à la grogne ambiante. Les chirurgiens hospitaliers déposeront leurs bistouris le 19 janvier pour alerter les pouvoirs publics sur la situation critique que traverse leur profession. Par ailleurs, l’ensemble des praticiens hospitaliers est appelé par certains syndicats à une journée nationale de mobilisation le 20 janvier pour défendre leur statut unique.

Philippe Douste-Blazy a su retenir l’été dernier les chirurgiens libéraux, prêts à s’exiler en Grande-Bretagne, grâce à une revalorisation du tarif de leurs actes, une hausse de la rémunération des astreintes et une prise en charge plus importante de leurs primes d’assurance professionnelle. Puis les chirurgiens du secteur privé ont bénéficié d’une augmentation du montant de leurs astreintes.

C’est au tour maintenant des chirurgiens hospitaliers de réclamer leur part du gâteau. Quatre syndicats ainsi que la Fédération hospitalière de France, réunis au sein du collectif Chirurgie Hôpital de France, avaient déjà appelé à une journée de grève nationale le 1er septembre 2004, dénonçant un manque de personnel, les conséquences de la mise en place de la réduction du temps de travail, une dispersion des plateaux techniques et la faible attractivité de l’hôpital public au profit des cliniques privées. En vain. Ils réitèrent donc le 19 janvier prochain. Objectif : obtenir une réorganisation des blocs opératoires, une revalorisation de leurs astreintes et une augmentation de leur rémunération à hauteur de 15 %.

La pétition lancée par le collectif compterait à ce jour plus de 1 600 signatures, représentant 60 % de la profession. « Un engagement sans précédent, dans un métier sans tradition d’expression collective », commente le collectif. Il prépare une semaine entière de mobilisation, du 7 au 12 février, si le gouvernement n’accède pas à ses revendications.

La fronde des chirurgiens hospitaliers provoque une levée de boucliers des autres spécialités de l’hôpital public, inquiètes de voir se disloquer le statut unique de praticien hospitalier. Les négociations avec le ministère de la Santé, commencées il y a trois mois, viennent de reprendre. Elles concernent la revalorisation des astreintes, l’introduction d’une part variable dans le revenu et la simplification du statut.

Le ministère de la Santé a confirmé aux syndicats en début de semaine que les astreintes de l’ensemble des praticiens hospitaliers seraient revalorisées de 15 %, soit une enveloppe de 75 millions d‘euros en 2005. L’attribution de suppléments salariaux collectifs lorsque les PH s’engagent dans des procédures d’amélioration de la qualité doit être fixée. Une évolution des procédures de nomination est également prévue, avec la définition de « profils de poste » et une plus grande autonomie donnée aux directeurs d’établissement.

Des avancées certes, mais des mesures encore jugées insuffisantes par certains syndicats. Le ministère doit revoir sa copie. Dans l’attente d’une nouvelle version, une journée nationale de mobilisation est organisée le 20 janvier.

Anne-Laure Mercier
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