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Janvier 2006

USPO : « Une reconnaissance du travail de substitution engagé depuis 5 ans »

La teneur des accords signés dans la nuit du 5 au 6 janvier entre l’Union national des caisses d’assurance-maladie (Uncam) et les trois syndicats de pharmaciens (Uspo, Fspf, Unpf) a fait l’objet du dernier point d’information de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine.

Après huit heures de négociations, l’assurance maladie et les principaux syndicats de pharmaciens d’officine ont finalement trouvé un terrain d’entente. En vertu d’un accord visant à améliorer la dispensation des médicaments génériques, leur taux de substitution, actuellement évalué à 63% (décembre 2005) devra atteindre 70% d’ici à décembre 2006 (avec un pré-objectif de 66% à mi-parcours en juin prochain). Prévu pour une durée de trois ans, ce taux sera cependant révisé chaque année en fin d’exercice. Pour une grande visibilité des disparités en matière de substitution, l’objectif national sera décliné en objectifs individuels en fonction du taux de départ de chaque officine (calculé sur la base de l’activité générique en septembre octobre et novembre). Par ailleurs, un principe de bonus (prime à la formation), incitant les pharmaciens à poursuivre leurs efforts en matière de dispensation au-delà des 70% requis, a également été instauré. En l’absence de mesures coercitives individualisées, la question de la responsabilité collective reste entièrement posée. D’autant que l’idée, pour l’instant écartée, d’un TFR pour les spécialités thérapeutiques dont la copie générique existe depuis plus de deux ans, pourrait rapidement revenir sur les devants de la scène, dans le cas de figure où les pharmaciens ne respecteraient pas leurs engagements.

En parallèle,  l’assurance maladie engagera, dans les prochains mois, un certain nombre d’actions spécifiques à l’image des courriers personnalisés qui avaient, l’an passé, été envoyés à plus de 300 000 assurés pour les sensibiliser à l’utilisation des médicaments génériques. Une communication appuyée auprès des pharmaciens exerçant dans les zones où le taux de substitution reste faible étant, d’ores et déjà, programmée pour février 2006 (mesure d’aides au plan local).

Compte tenu du fort potentiel d’économies représenté par les génériques ces deux prochaines années (avec la tombée dans le domaine public de plusieurs molécules majeures), Patrice Devillers et Gilles Bonnefond, respectivement président et secrétaire général de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine, considèrent cet accord comme « une véritable reconnaissance du travail de substitution effectué depuis cinq ans ».

« 75 euros par dimanche, jour férié, ou nuit de garde »

En outre, les négociations ont également permis de déboucher sur un second accord concernant la revalorisation des gardes pour les pharmaciens. Désormais inscrite dans le code de la santé publique, la réévaluation des honoraires, applicable à compter du 16 avril 2006, fixe la rémunération d’un dimanche, d’un jour férié ou d’une nuit de garde, à 75 euros par tranche de douze heures, soit deux fois moins que les médecins, critère de référence des négociations. Aux dires des dirigeants de l’Uspo, « l’enveloppe budgétaire allouée pour cette année n’étant pas suffisante pour atteindre la barre des 150 euros (tarification en vigueur chez les prescripteurs), les pharmaciens devront patienter jusqu’en mai 2007 pour pouvoir renégocier ces tarifs à la hausse ».   

 Dans l’attente de la convention de la pharmacie, dont les négociations sont prévues pour le 18 janvier prochain, l’ensemble de ces mesures doit conduire à l’optimisation de la dispensation du médicament générique et ainsi permettre une économie de 100 millions d’euros pour l’assurance-maladie.

Jonathan Icart
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