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Janvier 2006

Enquête Cetranet® - Pharmaceutiques : Les généralistes plébiscitent leur VM

La « VM », les généralistes connaissent bien. Mais pas la charte… Ils se déclarent, à une large majorité, solidaires de leurs visiteurs médicaux, déplorant qu’ils ne leur parlent pas assez de formation continue.

La route sera longue… Car les médecins généralistes ne savent encore rien ou presque de la charte de la visite médicale, signée en décembre 2004 entre le Leem et le Comité économique des produits de santé (CEPS). Et quand on leur pose la question sur l’avenant signé en juillet 2005, 92 % répondent qu’ils n’en ont pas pris connaissance. Telles sont les premières conclusions du baromètre « Pharmaceutiques - Environnement règlementaire du médecin » réalisé sur internet par Cetranet®. En bonne logique, ces mêmes praticiens « ne savent pas » (62 %) si ce texte aura ou non des conséquences sur leur exercice quotidien. Et ils n’ont pas non plus noté (64 %) de modification de la fréquence des visites de « leurs » délégués médicaux habituels. Néanmoins, parmi ceux qui se sont montrés attentifs (36 %), 74 % ont remarqué une diminution des visites. En revanche, pour ce qui est du contenu des discours des visiteurs médicaux, aucun changement n’a été observé : 76 % de « non ». Inattentifs les médecins ? Pas tout à fait, même si 64 % d’entre eux affirment que la qualité des messages délivrés par les VM reste, disent-ils, « stable ».

Bel avenir pour l’e-learning.

Attentifs les médecins ? Oui, cette fois. Quand on leur demande leur avis sur les limitations imposées à l’industrie pharmaceutique pour les inviter à des congrès, ils retrouvent la mémoire : 66 % d’entre eux estiment, en effet, que ces mesures sont néfastes et inutiles. Pour être précis, 38 % les jugent « néfastes », et 28 %, « inutiles ». Alors, sont-ils prêts à payer de leur poche pour continuer à participer à ces congrès ? Non pour 62 %, mais tout de même 38 % de « oui ». Un grand regret, les échantillons. 73 % déplorent de ne plus en recevoir et 75 % affirment qu’ils leurs étaient nécessaires. Une confirmation : 74 % des praticiens interrogés affirment participer à des études cliniques ou à des enquêtes pharmaco-économiques, et 94 % jugent qu’il est normal que cette participation soit rémunérée.

En revanche, les enquêtes par téléphone restent sporadiques : 63 % des généralistes n’ont jusqu’alors pas été, disent-ils, sollicités par téléphone. Score encore un peu supérieur pour l’internet : 74 %. Mais les résultats sont plus tranchés : ces méthodes sont « désagréables » (43 %) et « sans intérêt » (28 %). Pour 25 % seulement des praticiens, elles sont « intéressantes ». De toute évidence, le contact humain reste très largement privilégié. Une nouveauté : 47 % des médecins disent avoir reçu la visite d’un délégué de l’assurance maladie (DAM) et 49 % avouent qu’ils ont été satisfaits de la visite de ces DAM (51 % affirment le contraire…). Un chiffre intéressant qui témoigne de l’évolution très sensible des rapports entre les médecins et l’assurance maladie. Voici dix ans, au plus fort de l’entrée en vigueur du Plan Juppé, les résultats auraient été… exécrables. Pas de quoi cependant pavoiser : 56 % des médecins jugent que ces visites sont « inutiles »… Morale : le courant passe mieux, mais cela ne sert à rien. Tout le contraire au chapitre formation continue. En classant les réponses possibles, on s’aperçoit que le modus operandi favori des médecins reste, dans l’ordre, les congrès, suivis des soirées débats, des journaux professionnels, des documents écrits et enfin, fait nouveau, des auto-formations en ligne. L’e-learning semble promis à un bel avenir, les médecins découvrant de plus en plus les avantages d’un tel système, moins contraignant que les accès traditionnels. Côté tradition, on notera la bonne tenue des congrès et des soirées débats qui privilégient le contact humain auquel les praticiens restent très sensibles. C’est du reste ce qui explique pourquoi ils attendent, avec une assez large majorité, que les visiteurs médicaux leur parlent aussi de formation.

Des prescriptions économiques.

Côté économique et financier, le discours de la réforme semble passé : 77 % des généralistes interrogés se disent aujourd’hui influencés par les critères économiques dans leurs prescriptions. C’est incontestablement une nouveauté à mettre au crédit des campagnes d’information et des patients qui, eux aussi, se montrent désormais plus attentifs au coût des prescriptions. Logiquement, les médecins se disent donc informés des recommandations concernant les prescriptions d’antibiotiques (85 %), de statines (77 %) et d’anti-dépresseurs (60 %). Le score des antibiotiques s’explique sans doute par la fréquence des messages grand public auxquels patients et médecins sont plus sensibilisés. De fait, les médecins avouent qu’ils sont « sensibles » (59 %) à ces nouvelles recommandations. Génériques maintenant. Oui, ils en prescrivent (67 %) mais plusieurs enquêtes laissent apparaître que l’âge des patients (notamment les personnes âgées) conditionne fortement ces prescriptions. Quoiqu’il en soit, en données brutes, le générique progresse incontestablement.

Et les logiciels ? C’est « oui » (57 %) pour l’utilisation d’un logiciel de gestion du cabinet, mais un « non » franc et massif pour ce qui est de la prescription automatisée (78 %). Là aussi, une relative « déshumanisation » de l’acte freine le recours à cette méthode.

Enfin, les praticiens ne sont guère emballés par le fait que la Cnam envoie des courriers aux assurés pour les inciter à préférer un générique quand la substitution est possible. Les avis sont très partagés : 50-50. Les médecins sont un peu comme les grands chefs de la restauration : ils n’aiment pas que l’on mette son nez dans leurs casseroles.

Hervé Karleskind

Pour en savoir plus, consultez le dossier paru dans le numéro de janvier 2006 de Pharmaceutiques

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