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Janvier 2006

Pierre Le Sourd (Leem) « Je tire la sonnette d’alarme de façon grave et solennelle »

Présentant ses vœux à la presse, le président du Leem a déploré la « cécité stratégique » des décideurs publics qui n’intègrent pas l’industrie pharmaceutique et des sciences de la vie « comme un des facteurs majeurs de compétitivité et de croissance économique et sociale de ce pays ».

« Le Ministre de la Santé et des solidarités, lors de ses vœux, a admis qu’il nous avait « malmené » en 2005. C’est peu dire. Regrettons que le gouvernement, les administrations, les institutions, la société, ne connaissent pas, ne comprennent pas, ne reconnaissent pas le potentiel de création de valeur de notre industrie en France.

Je voudrais devant vous, de façon grave et solennelle, tirer la sonnette d’alarme des décideurs publics qui par cécité stratégique n’intègrent pas l’industrie pharmaceutique et des sciences de la vie comme un des facteurs majeurs de compétitivité et de croissance économique et sociale de ce pays.

Nous vivons sur des clichés et des préjugés d’il y a dix ans, de notre fait peut être, mais préjudiciables aujourd’hui à la mobilisation des énergies collectives utiles.

Si on ne sait que parler prélèvements et régulation comptable à l’industrie, elle n’aura pas d’autres choix que de chercher ailleurs son champ d’expansion, au détriment des français, de ses chercheurs, de ses médecins, de ses professionnels de santé et donc des soins.

Comment faire comprendre ce que nous disons ?

On nous caricature dans une logique exclusivement de profit alors que notre vraie stratégie est d’avoir des prix des médicaments innovants, européens et justes, pour continuer à financer la recherche en faveur des besoins médicaux non satisfaits. Y-a-t-il un autre modèle de progrès ? Y-a-t-il une autre vision efficace ? Peut-on critiquer une industrie qui, depuis plus d’un siècle, transforme les investissements des épargnants en biens de santé, en progrès thérapeutique, en espérance de vie et en qualité de vie des malades ?

Comment faire prendre conscience de ce que l’industrie pharmaceutique représente en France ?

Comment anticiper réellement les conséquences des révolutions en cours ?

Notre objectif 2006 est de construire avec les pouvoirs publics une attractivité réelle du territoire français pour les investissements pharmaceutiques d’avenir.

Cette dimension stratégique du médicament dans l’économie française devra s’affirmer cette année, autour de 2 axes majeurs :

a) Le Conseil Stratégique des Industries de Santé, que nous avons voulu, doit acter avec le gouvernement des axes de progrès déterminants.

Nous avons développé une vision commune Etat – Industrie centrée sur la Recherche & Développement, la fiscalité et la régulation des entreprises. Je rappelle qu’elle comporte en résultante une analyse des potentialités d’emploi.

En avril 2005, sous le gouvernement Raffarin, ont été actées des mesures concrètes : création de plateformes de Recherche Clinique (CEGEPS), plateforme de bioproduction, plateforme d’imagerie pré-clinique, réseau de centre de ressources biologiques. Elles sont plus que jamais nécessaires.

Nous avons en 2006, avec ce gouvernement deux impératifs :

> le respect des engagements pré-cités, pour leur mise en œuvre

> la relance de la démarche autour de nouvelles propositions complémentaires, toujours dans les trois domaines de la R&D, de la fiscalité, de la régulation.

Nous souhaitons que la réorganisation de la recherche en France (ANR, AII, INCa…)

> favorise la gestion par projet et les ambitions par aire thérapeutique (cancer, sida, maladies dégénératives, prévention CV..)

> et permette de faire renaître la confiance auprès des Centres de Recherche Industriels Internationaux

Le Leem-Recherche souhaite que la démarche du CSIS intègre « l’initiative européenne médicament innovant » et soit cohérente avec le 7ème PCRD.

Nous souhaitons renforcer la recherche clinique en optimisant les structures inter-régionales et en facilitant les investissements par le biais de guichets uniques.

> Le Leem suivra la mise en application de la loi bio-éthique et de la loi de santé publique, pour que soit respecté le délai de 35 jours déjà appliqué en Angleterre, pour la mise en place des études cliniques.

> Le comité paritaire de suivi Leem Hôpitaux, sous l’égide de la FHF, poursuivra par ailleurs les actions de sensibilisation sur la recherche auprès du grand public et les actions de formation.

Nous souhaitons que les pôles de compétitivité prennent forme et bénéficient d’une efficacité administrative à la hauteur des espérances de ceux qui s’y engagent.

La démarche des pôles de compétitivité, si elle a le mérite d’ériger la santé en domaine prioritaire, implique un engagement stratégique de l’Etat et des structures et plate-formes de recherche publique qui en dépendent.

Le potentiel de développement économique et de l’emploi des industries de santé impose au gouvernement d’aller plus vite et avec plus de courage.

Sur 10 000 emplois à remplacer cette année, du fait des départs en retraite, 4000 pourraient concerner des jeunes. Si on ne casse pas sa dynamique, la pharmacie est donc pour les jeunes et l’emploi une activité nettement contributive.

Tout retard – dans un pays où il faut 6 fois plus de temps qu’en Angleterre pour aller de l’autorisation à la mise sur le marché - serait perçu comme un signal de désengagement de la France qui affecterait non seulement la recherche industrielle mais également la recherche publique.

Mais le Premier Ministre m’ayant écrit récemment que « le CSIS avait vocation à durer », je veux croire dans son invitation.

b) La politique du médicament est inscrite dans la politique conventionnelle avec le CEPS.

Les entreprises souhaitent en 2006 un Etat stratège qui garantisse nos fondamentaux et mette la France aux standards des meilleurs pays

> la reconnaissance de l’Innovation par des prix européens garantis et stables

> le respect de la propriété intellectuelle

> le rôle à part entière de l’industrie comme acteur de l’information thérapeutique et de la FMC, pour le bon usage du médicament

Nous souhaitons développer avec la Haute Autorité, l’AFSSAPS, la DGS, des éléments de progrès et de compétitivité dans l’évaluation, l’accès au marché, la gestion des risques et la protection des patients.

Nous souhaitons continuer à construire avec les professionnels et les associations de patients la chaîne de responsabilités qui réponde aux exigences actuelles de la société, dans l’esprit d’une plus grande transparence de l’information, et qui permette au corps médical de gérer les dilemmes du bénéfice risque et du principe de précaution.

Je cite aussi les autres chantiers collectifs qu’il faut faire avancer en 2006.

L’engagement dans l’accès aux soins dans les pays pauvres, par une politique accélérée de partenariat, de prix différenciés, de licences obligatoires et la mise en place de démarches de qualité par la formation de professionnels, comme nous y aidons actuellement.

L’engagement contre les maladies rares, les maladies orphelines, le développement pédiatrique, par le financement d’outils de recherche que nous encourageons là aussi, avec les associations spécialisées, qui méritent encore plus d’attention.

Le développement du bon usage des médicaments par des grandes actions de formation (iatrogénie), impliquant les professionnels de santé et par la diffusion des recommandations internationales, associant aussi les industriels. La mise en œuvre de la charte de la Visite Médicale et bonnes pratiques européen (Efpia), s’inscrivant dans la démarche qualité et éthique du Leem.

La survenue possible d’une pandémie grippale impose à l’industrie pharmaceutique française de garder le « leadership » scientifique et de protection industrielle dans les domaines des traitements anti-infectieux et des vaccins.

L’industrie attend des pouvoirs publics une mobilisation sans précédent, y compris financière, pour développer à la fois les capacités de recherche et de production complémentaires notamment dans le domaine des vaccins.

Ce combat pour la santé - notre combat - le Leem veut le mener en relation directe avec les français, au contact de l’opinion, au contact des professionnels de l’information que vous êtes ».

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