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Janvier 2006

François Loos : « Renforcer la R&D sur des thématiques de santé publique »

Dans le cadre de l’application des nouvelles politiques industrielles, le ministre délégué à l’Industrie s’est rendu dans la région Nord Pas-de-Calais, le 19 janvier dernier.  A cette occasion, il a visité plusieurs entreprises du secteur de la santé et des biotechnologies, dont le pôle de compétitivité « Nutrition-santé-longévité ».

Labellisé pôle de compétitivité par le Comité interministériel de l'aménagement et du développement du territoire (Ciadt) le 12 juillet 2005, le site « Nutrition-santé-longévité » fait partie intégrante des installations du Parc Eurasanté à Lille. Il se positionne sur le créneau de l'alimentation au service de la santé humaine et rassemble, autour de projets sur le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires et les altérations liées au vieillissement, plusieurs acteurs de l’industrie (Bonduelle, Genfit, Roquette, Lesaffre), de la recherche privée, et de la formation supérieure en biologie-santé (l'Institut Pasteur de Lille, l'Institut Supérieur d'Agriculture de Lille, l'Université du Droit et de la Santé de Lille II). Lors de sa visite, le 19 janvier dernier, le ministre délégué à l’Industrie, François Loos, a vivement encouragé l’agro-industrie à « développer sa R&D pour lui permettre de trouver de nouveaux relais de croissance ».

Concernant les deux axes majeurs de développement du pôle (vieillissement et nutrition-santé), ce dernier a plaidé en faveur de la « mise au point de traitements médicamenteux innovants pour lutter contre les pathologies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson) au travers de l’amélioration de l’expertise de la recherche académique régionale et du développement de ses collaborations avec l’industrie pharmaceutique ».  

Dans son allocution, il est également revenu sur le besoin de « dynamiser la coopération entre la recherche publique et la recherche privée autour de besoins stratégiques pour relancer l’innovation en matière d’alimentation-santé ». Par la même occasion, le ministre délégué à l’Industrie a insisté sur la nécessité de rapprocher sociétés de biotechnologie et entreprises de l’agro-alimentaire pour une « meilleure prévention des désordres métaboliques (obésité, diabète) et des pathologies qui leurs sont associées (cardiovasculaires, inflammatoires) ». Dans cette optique, il a d’ailleurs tenu à rappeler le lancement d’un appel à projet doté de 40 millions d’euros pour l’année 2006.

Dans le cadre de la visite des installations du Parc Eurasanté, François Loos s’est également rendu dans les locaux de l’entreprise Genfit, de la Fondation Cœur et Artères et dans les nouveaux bâtiments du Lfb.

Créée par le Pr Jean-Charles Fruchart et Jean-François Mouney, en 1999, Genfit dispose à ce jour d’un portefeuille de candidats-médicaments innovants intéressant dans le domaine des maladies cardio-vasculaires, métaboliques et inflammatoires que le ministre compte bien exploiter pour relancer l’industrie. Lors de son passage, ce dernier a notamment souligné la réussite « exemplaire » de cette entreprise de biotechnologie qui a bénéficié du dispositif en faveur des jeunes entreprises innovantes (Jei) et du crédit d’impôts recherche (Cir). Fort d’un chiffre d’affaires évalué à 12,7 millions d’euros, Genfit devrait, incessamment sous peu, présenter pour financement par le Fonds de compétitivité des entreprises (Fce), un projet R&D labellisé par le pôle de compétitivité (molécule augmentant « le bon cholestérol » tout en préservant des propriétés anti-inflammatoires et anti-diabétiques). 

En outre, l’entité « Nutrition-Santé-Longévité » compte également dans ses rangs la Fondation Cœur et Artères. Créée à l’initiative des fondateurs de Genfit en 2003, cet établissement a pour mission de favoriser la recherche et la prévention des maladies du coeur, des artères, et des affections métaboliques qui lui sont apparentées (obésité, diabète, risques cardio-vasculaires). Soucieux de relancer « l’innovation médicamenteuse », François Loos a annoncé que les résultats de l'appel à projet lancé en septembre 2005 seront connus peu après la réunion du conseil de surveillance qui doit intervenir prochainement. Ce programme, porté par des laboratoires académiques français et doté d’une enveloppe globale d’1,7 millions d’euros, sera destiné à financer six projets scientifiques d’une durée de trois ans.   

A l’occasion de la visite du nouveau bâtiment R&D du Laboratoire Français du Fractionnement et des Biotechnologies (Lfb), François Loos s’est dit enchanté par le « dynamisme d'une structure publique qui développe de la R&D dans le secteur des biotechnologies, tout en engageant des partenariats avec des industriels ». Par ailleurs, le ministre délégué à l’Industrie a réaffirmé, de façon solennelle, la volonté du gouvernement de donner « une ambition nouvelle au Lfb ». Entreprise publique créée en application de la loi du 4 janvier 1993, cet établissement est l'un des premiers laboratoires pharmaceutiques européens sur le segment très spécialisé des médicaments dérivés du plasma sanguin par fractionnement. Il s'agit du seul laboratoire en France dans ce domaine, qui fournit à la fois des spécialités thérapeutiques à large diffusion (albumine, immunoglobulines) et des médicaments répondant à des pathologies rares. Avec un chiffre d'affaires en croissance forte depuis 2000 (241 millions d'euros en 2004 dont 10% hors de France), le Lfb emploie 1300 salariés et a récemment ouvert un nouveau bâtiment de 1190 m2 sur le parc Eurasanté, avec un investissement d'équipement de près d'un million d'euros.

A terme, le coût total du programme de développement du pôle de compétitivité « Nutrition-Santé-Longévité » s’élèvera à 203 millions d'euros pour les 5 prochaines années et permettra la création de 2 500 emplois d’ici à 2010.

Jonathan Icart
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