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24 janvier 2008

Les bonnes cibles pour faire mouche

En juin 2000, la publication d'une première ébauche de la séquence du génome humain marquait un tournant majeur et laissait entrevoir de nombreuses perspectives thérapeutiques et diagnostiques. Pourtant, force est de constater aujourd'hui que les résultats ne sont pas encore au rendez-vous et le rythme de développement de nouveaux médicaments ne s'est pas accéléré à la hauteur des attentes avancées souvent trop hâtivement à l'époque... Si ces espoirs avaient été certes tempérés par quelques éminents scientifiques, la profondeur du fossé entre la connaissance d'un gène et la compréhension de son rôle physiologique et de son implication dans le déclenchement et l'évolution d'une pathologie a manifestement été trop souvent négligée. Reste ainsi clairement posée une question majeure : celle du choix de la cible thérapeutique appropriée. Alors que la génomique fonctionnelle semble encore loin d'avoir révélé tout son potentiel, son renforcement ainsi qu'une meilleure exploitation de ses applications sont aujourd'hui à l'ordre du jour de deux initiatives majeures annoncées ces derniers jours. La première se propose, à l'échelon national, en Belgique, de se concentrer sur l'utilisation de la génomique fonctionnelle pour l'identification, la sélection et la validation de cibles dans trois aires thérapeutiques. La seconde se positionne au niveau international avec la participation de quelques uns des grands instituts de recherche ayant déjà participé à l'aventure du séquençage du génome humain. Là aussi, l'ambition est grande et le projet d'envergure, puisqu'il s'agit, à partir du séquençage de 1 000 génomes individuels, de fournir une image la plus détaillée et la plus utile possible, médicalement parlant, des variations du génome humain. Rendez-vous dans trois ans, durée actuellement prévue pour cet ambitieux projet...

Anne-Lise Berthier