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24 janvier 2008

Deux équipes britanniques autorisées à créer des embryons hybrides

Deux projets de recherche prévoyant la création d'embryons hybrides ou "cybrids", par transfert d'un noyau somatique humain dans un oocyte animal énucléé, ont reçu la semaine dernière l'aval de l'HFEA (Human Fertilisation and Embryology Authority), autorité britannique en charge de la fécondation humaine et de l'embryologie. Selon la loi de 1990 sur la fertilisation et l'embryologie humaine encore en vigueur au Royaume-Uni, ce type d'expérimentation est prohibé, sauf en cas de licence exceptionnelle accordée par cet organisme indépendant, au cas par cas (1). Les chercheurs avaient sollicité ces autorisations en novembre 2006, mais la HFEA avait décidé de ne pas se prononcer avant d'avoir lancé une consultation publique et recueilli les avis de la communauté scientifique sur le sujet. Suite à cette large consultation, l'autorité britannique a adopté en septembre une position favorable à la création d'embryons hybrides pour la recherche, sous conditions et de manière strictement encadrée. Des comités chargés d'examiner les deux projets de recherche déposés en 2006 se sont finalement réunis par deux fois, en novembre 2007 et en janvier 2008, notamment pour s'assurer que la création de "cybrids" était, dans les faits, "nécessaire" pour atteindre les objectifs recherchés.

Des outils pour la recherche fondamentale. Le premier projet émane du laboratoire de biologie des cellules souches du centre Wolfson pour les maladies liées à l'âge, au sein du Kings College de Londres. Il s'agit de créer des lignées de cellules souches dérivées d'embryons hybrides, créés par transfert dans un oocyte animal d'un noyau de cellule fibroblastique humaine. Ces fibroblastes seront prélevés chez des patients souffrant de maladies génétiques neurodégénératives. Chaque lignée de cellules souches dérivée de ces embryons, une fois caractérisée, sera mise à la disposition de la communauté scientifique à des fins de recherche sur des pathologies génétiques graves. Le second projet autorisé, déposé par le centre de biologie des cellules souches et de génétique du développement, de l'Institut de génétique humaine de l'université de Newcastle, est cette fois directement centré sur le développement embryonnaire. La création de "cybrids" doit servir à étudier la façon dont le noyau est reprogrammé au cours de ce développement. Le dossier soumis prévoit également la dérivation de lignées de cellules souches, destinées à être comparées aux lignées de cellules souches dérivées d'embryons issus d'une fécondation in vitro.
Cette double licence a été accordée, pour un an seulement, à ces équipes. Elle ne devrait cependant pas créer un appel d'air, tant sont strictes les conditions requises pour obtenir une telle autorisation. La HFEA a d'ailleurs confirmé qu'à ce jour, aucune autre demande similaire n'avait encore été déposée.

(1) Le gouvernement du Royaume-Uni a publié en mai 2007 un projet de loi visant à modifier la loi sur la fertilisation et l'embryologie humaine. Ce projet adopte une position favorable à la création pour la recherche d'embryons hybrides (voir BioPharmaceutiques n°25). La loi pourrait être votée courant 2009.