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15 janvier 2009

Accord Bayer-Micromet

La société germano-américaine Micromet, née de la fusion en mai 2006 de la spin-out éponyme de l'université de Münich et de la société californienne CancerVax, vient d'enregistrer une nouvelle validation de sa technologie BITE® (Bi-specific T Cell Engagers) qui permet d'associer, dans un seul anticorps, les sites de fixation de deux antigènes différents. Une de ses applications majeures concerne le traitement de cancers, via l'association au sein d'un anticorps BITE® d'un site correspondant à un antigène spécifique des cellules T, l'antigène CD3, et d'un site de fixation d'un antigène spécifique des cellules cancéreuses à cibler. Il est ainsi possible de rediriger des lymphocytes T cytotoxiques vers ces cellules, la double spécificité de l'anticorps n'autorisant l'activation des lymphocytes T cytotoxiques qu'en présence de la cellule à détruire. Une solution qui a manifestement séduit Bayer Schering Pharma qui vient de prendre, pour 4,5 millions d'euros, une option exclusive d'un an sur un anticorps BITE® dirigé contre une cible (non cité) associée à des tumeurs solides. En cas d'exercice de cette option avant le 5 janvier 2010, des financements supplémentaire seront alloués à Micromet qui développera le produit avec Bayer Schering Pharma jusqu'à la fin des essais de phase I. C'est ensuite le groupe pharmaceutique qui prendra en charge l'ensemble de son développement et de sa commercialisation. Au total, Micromet pourrait engranger jusqu'à 290 millions d'euros sous forme de redevances et de paiements d'étape, sommes auxquelles s'ajouteront des royalties à deux chiffres sur les ventes futures.

Par ailleurs, le programme clinique de Micromet s'annonce fourni cette année avec le lancement prévu en 2009 de deux essais cliniques de phase II et de deux essais cliniques de phase I. Les essais de phase II concernent l'adecatumumab (anticorps monoclonal humain dirigé contre une molécule d'adhésion des cellules épithéliales, EpCAM ou CD326) développé avec Merck Serono et le blinatumomab, anticorps BITE® ciblant l'antigène CD19, en partenariat avec AstraZeneca/Medimmune. Pour le premier, une étude multicentrique doit débuter au premier trimestre chez des patients atteints de cancer colorectal ayant rechuté tandis que le deuxième devrait faire l'objet d'une étude supplémentaire d'ici la fin de l'année chez des patients atteints de lymphomes non-hodgkiniens. Les deux essais de phase I portent quant à eux sur le MT228 anticorps humain développé avec Eisai pour le traitement du mélanome et sur le MT203, anticorps monoclonal anti GM-CSF qui fait l'objet d'un accord de partenariat avec Nycomed depuis mai 2007 (voir Tableau Accords).

(1) Les anticorps développés avec la technologie BITE® (Bi-specific T Cell Engagers) associent sur une chaine polypeptidique les sites de fixation de deux antigènes différents, l'un d'entre eux étant un antigène spécifique des lymphocytes T (l'antigène CD3) et l'autre étant un antigène spécifique des cellules ciblées.