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15 janvier 2009

UCB et Wilex unis en oncologie

Le belge UCB Pharma et l'allemand Wilex n'innovent pas dans le seul domaine de la R&D... C'est en effet à une forme d'externalisation peu répandue entre pharma et biotech que les deux partenaires viennent de recourir dans leur dernier accord. Si, en règle générale, les laboratoires pharmaceutiques ont plutôt tendance à se porter acquéreurs de molécules, voire de portefeuilles de produits, en cours de développement pré-clinique ou clinique dans des sociétés de biotechnologie, ici le scénario ici a été totalement inversé. Wilex obtient, avec cet accord, des droits mondiaux pour le développement du portefeuille oncologie préclinique d'UCB. Le portefeuille en question est constitué de cinq programmes, trois concernant des anticorps et deux se concentrant sur des petites molécules visant à inhiber la transduction du signal dans la cellule cancéreuse (inhibiteurs de protéine kinase MEK et inhibiteurs de la phosphatidylinositol-3 kinase). Les droits relatifs à ces programmes ont ainsi été transférés à une nouvelle entité financée par UCB à hauteur de dix millions d'euros, entité qui sera rachetée par Wilex en échange d'une participation du groupe belge à hauteur de 13,2 % du capital de la biotech allemande. A cet investissement d'UCB dans Wilex, s'ajouteront des paiements échelonnés d'un total de dix millions d'euros. Un premier versement de cinq millions d'euros est ainsi prévu lors de la mise en oeuvre de l'essai de phase I aux Etats-Unis ou dans l'UE, le deuxième étant associé à la première administration chez l'homme. Alors que cette dernière opération pourrait intervenir dans les douze mois à venir, le groupe belge s'est réservé des droits exclusifs de rachat des produits, une fois la preuve du concept établie par la biotech allemande. Deux autres options pourront aussi être envisagées, à savoir la conclusion d'accords de co-développement ou la prise en charge du développement du candidat par le seul Wilex. Cette externalisation de son portefeuille préclinique n'est pas pour autant synonyme d'un abandon de l'oncologie par UCB, mais plutôt un moyen de concentrer davantage d'efforts sur ses deux axes prioritaires de R&D, immunologie et système nerveux central. Ces deux thèmes sont ainsi au coeur des activités de sa nouvelle structure créée en février dernier, UCB NewMedicines, avec pour mission la prise en charge des activités de recherche du groupe, depuis le stade de la découverte jusqu'à celui de la preuve du concept.

Du côté de Wilex, outre le soutien apporté par la collaboration avec UCB, l'opération lui permet d'élargir son portefeuille en oncologie basé lui aussi à la fois sur de petites molécules et des anticorps. Dans le premier cas, les produits étudiés par Wilex sont des inhibiteurs de protéase à sérine ciblant le système uPA (urokinase Plasminogen Activator - activateur du plasminogène de type urokinase) impliqué dans la croissance tumorale et le développement des métastases. Plusieurs essais de phase I sont ainsi en cours en vue d'indication dans le traitement de tumeurs solides (sein, pancréas, ovaires, cancer colorectal) avec son composé WK-UK1 tandis que son pro-médicament, Mesupron@, fait l'objet de deux études de phase II, l'une pour le traitement du cancer du sein et l'autre pour le traitement du cancer du pancréas. Quant à son candidat médicament le plus avancé, l'anticorps monoclonal Rencarex® (WX-G250), une étude de phase III évalue son utilisation en monothérapie pour le traitement du carcinome rénal (renal cell carcinoma) et deux études de phase II l'ont évalué en association avec des cytokines (interleukine-2 ou interféron alpha 2-a) dans la forme métastasique de ce cancer.

(1) Cet anticorps monoclonal chimérique est dirigé contre l'antigène G250 ou antigène MN/CA IX dont la présence est associée à plusieurs formes de tumeurs solides (vessie, colon, col de l'utérus, sein et poumon non à petites cellules).