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29 janvier 2009

Biopharmaceutique sinon rien ?

La rumeur du week-end dernier n'en était pas une... Pfizer avait bel et bien des vues sur son compatriote Wyeth qu'il vient de s'offrir pour 68 milliards de $. L'opération, qui suscite de nombreuses questions dans le landerneau pharmaceutique, y relance certes l'hypothèse d'une nouvelle vague de fusion-acquisition dans un secteur, où depuis quelques semaines, quelques uns de ses plus grands acteurs à l'instar de Pfizer, Sanofi-Aventis, AstraZeneca ou BMS annoncent des réductions massives de leurs effectifs dans le monde. Une des conséquences immédiates de l'acquisition de Wyeth est d'ores et déjà l'arrêt des discussions engagées pour un éventuel rachat de la biotech néerlandaise Crucell dont les plateformes et les lignées cellulaires pour la production de vaccins et de protéines thérapeutiques sont dorénavant utilisées par l'ensemble des big pharma de Novartis à Merck&Co en passant par Sanofi-Aventis. Un Sanofi-Aventis, qui aurait plusieurs raisons d'être à son tour tenté par la reprise de Crucell... Sa branche vaccins Sanofi-Pasteur est déjà partenaire de Crucell pour la production d'anticorps monoclonaux antirabiques et le groupe a opéré en septembre dernier une nouvelle consolidation de sa place dans le secteur du vaccin grâce au rachat du britannique Acambis, lui-même utilisateur des lignées cellulaires de Crucell. Mais, au-delà de cette première suite, on notera également avec intérêt que Pfizer, jusque là peu impliqué dans les biotech, se targue d'être dorénavant, grâce au rachat de Wyeth, le « premier groupe biopharmaceutique au monde »...

Anne-Lise Berthier