Archives
29 janvier 2009

Biovitrum affine son recentrage

Depuis l'annonce de son recentrage sur les médicaments de spécialité et les protéines thérapeutiques fin 2007, le suédois Biovitrum déroule une stratégie en trois axes (voir BioPharmaceutiques n°43). Après avoir initié l'élargissement de son portefeuille avec le rachat de trois produits niches à l'américain Amgen fin 2008, la société, dorénavant présente dans les domaines de l'hématologie (hémophilies A et B, thrombose), de l'inflammation et du cancer, développe son infrastructure et son réseau commercial en Amérique du Nord, en Europe, en Australie et en Nouvelle Zélande (voir BioPharmaceutiques n°77 et 89). Enfin, cette stratégie de concentration la conduit aujourd'hui à se séparer de sa filiale de R&D britannique Cambridge Technology et d'un portefeuille de produits en soins primaires. La réalisation de la transaction a été confiée à Nomura Code, filiale européenne spécialisée dans le secteur santé de la banque d'investissement Nomura International. Basés sur le développement de composés « first-in-class » dans les domaines de l'inflammation, de la douleur et de l'obésité, les travaux de Cambridge Technology reposent notamment sur l'exploitation de deux plateformes, la première étant ciblée sur la mise au point de médicaments capables de réduire le pH dans les tissus et la deuxième sur la conception de peptides mimétiques. Au total, son portefeuille compte six candidats pour des indications dans les domaines de la douleur et de l'inflammation. Le plus avancé est en phase II pour la douleur neuropathique tandis que les cinq autres sont au stade pré-clinique ou de la discovery. Quant aux peptides mimétiques, l'un des principaux candidats développés par la filiale de Biovitrum se positionne sur un segment thérapeutique majeur, le traitement de l'obésité, avec une leptine mimétique. Alors que cette hormone peptidique participant à la régulation de la prise alimentaire constitue une des pistes potentielles explorées pour traiter ce problème majeur de santé publique, on notera qu'un autre analogue, la metreleptine, progresse chez l'américain Amylin Pharmaceuticals. Utilisée en association avec le pramlintide (Symlin® - analogue d'un peptide sécrété les cellules Bêta des ilôts de Langerhans, l'amyline) indiqué dans les cas de diabète de type 1 et de type 2, la metreleptine a d'ores et déjà permis d'atteindre une perte de poids de 12,7 % sur 24 semaines chez des patients obèses ou en surpoids. Les résultats d'une étude de phase IIb sont maintenant attendus pour le troisième trimestre 2009.