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14 janvier 2010

Une fin d'année en fanfare

Réveillons nous pour les réveillons... Voilà le mot d'ordre que semblent s'être donné les acteurs du secteur biopharmaceutique européen à la fin de l'année 2009. Sur la quarantaine d'acquisitions intervenues dans la sphère biopharmaceutique européenne au cours de l'année écoulée, neuf d'entre elles ont ainsi été annoncées ou finalisées au cours de la deuxième quinzaine de décembre. L'ensemble de ces neuf opérations représente un montant potentiel de plus de 950 millions d'euros, notamment grâce aux deux transactions majeures annoncées à la veille de Noël par AstraZeneca et Novartis.

AstraZeneca et Novartis à la manoeuvre

Au lendemain de la reprise d'un programme pré-clinique candidat au traitement de l'obésité auprès du suédois Biovitrum (voir Tableau Rachats), le premier a choisi de se renforcer dans un de ses domaines de prédilection, l'infectiologie, en rachetant Novexel, société de biotechnologie française issue de l'externalisation du département anti-infectieux d'Aventis en 2004 (voir Tableau Rachats). Cette acquisition d'une valeur potentielle de 352 millions d'euros permet à AstraZeneca d'intégrer dans son portefeuille de molécules en développement une série de produits visant le traitement des infections résistantes à l'hôpital, avec notamment deux combinaisons antibiotiques en phase II (voir Tableau Essais cliniques). Le même jour, Novartis annonçait quant à lui le rachat de l'américain Corthera, mettant ainsi la main sur une version recombinante d'une hormone peptidique humaine, la relaxine, actuellement en développement pour le traitement d'insuffisances cardiaques aiguës. L'opération, dont le montant pourrait atteindre jusqu'à 500 millions de $ (379,1 millions d'euros), apparaît néanmoins mineure au regard de la toute dernière annonce du groupe suisse qui s'apprête à débourser plus de 19 milliards d'euros pour acquérir la participation de son compatriote Nestlé au sein d'Alcon ainsi que l'ensemble des actions Alcon sur le marché (voir Tableau Rachats). Au total, le rachat de l'intégralité du leader mondial des produits ophtalmologiques va coûter à Novartis la bagatelle de 34,1 milliards d'euros...

Biomarqueurs et bioproduction

Les dernières opérations de l'année 2009 se sont également placées sous le signe des biomarqueurs et de la bioproduction. Après avoir annoncé le rachat de l'italien Explera en août et du britannique DxS fin septembre, Qiagen a finalisé mi-décembre la reprise de l'américain SABiosciences (voir Tableau Rachats). Au total, le groupe néerlandais aura consacré plus de 157 millions d'euros en 2009 au renforcement de ses activités dans le domaine des biomarqueurs et de la médecine personnalisée. Un secteur dans lequel il continue à se développer, cette fois au niveau géographique, avec la toute récente conclusion d'un accord de partenariat avec le chinois WuXi AppTec. Qiagen, qui vient d'ouvrir son nouveau siège asiatique au sein d'un des principaux centres de R&D pharmaceutique en Chine, le Zhangjiang High-Technology Park de Shanghai, s'associe ici à un partenaire local afin de proposer une offre de services integrés à leurs clients (voir Tableau Accords). Du côté de la bioproduction, les opérations se sont focalisées sur les sociétés britanniques. Engagé dans le développement de ses capacités depuis fin 2008, le suédois Recipharm a ainsi porté son choix sur la CMO Cobra Biomanufacturing et ses deux usines anglaises de Keele et de Cowley pour renforcer ses plate-formes technologiques dans les domaines de la production de cellules, de virus, de protéines et d'ADN (voir Tableau Rachats). L'américain Merck&Co a quant à lui jeté son dévolu sur le département biologique d'Avecia et s'est doté d'expertises supplémentaires pour la production microbienne et la fabrication d'oligonucléotides à visée thérapeutique (voir Tableau Rachats). On notera d'ailleurs que ce dernier domaine a fait lui aussi l'objet d'un mouvement majeur avec la fusion de deux des meilleurs spécialistes de l'ARN interférent, le britannique Silence Therapeutics et l'américain Intradigm (voir Tableau Rachats). Leur ambition est créer un leader dans ce domaine des ARN interférents qui suscite un intérêt croissant chez les big pharma tels qu'AstraZeneca, Dainippon Sumitomo Pharma, GSK ou encore Pfizer et Roche.