Archives
14 janvier 2010

Biovitrum devient SO-Bi

C'est aujourd'hui, 14 janvier, que la suédoise Biovitrum doit finaliser sa fusion-acquisition avec sa compatriote Swedish Orphan International. Annoncée en novembre dernier, l'opération entérine définitivement sa réorientation sur les produits de spécialité, et en particulier les médicaments orphelins (voir BioPharmaceutiques n°120). Pour financer l'acquisition de la totalité des actions de Swedish Orphan, contre un versement initial de 3,5 milliards de couronnes suédoises (337 millions d'euros) et un paiement additionnel qui pourra atteindre 425 millions de couronnes suédoises (41 millions d'euros), Biovitrum s'est appuyée sur un prêt et sur une levée de fonds par émission d'actions conduite du 11 au 30 décembre 2009. La totalité des actions émises (plus de 100 millions) a été souscrite, à un prix de 15 couronnes suédoises par action, ce qui a permis à la compagnie d'engranger près d'1,512 milliard de couronnes suédoises (148 millions d'euros), hors frais.

Recentrage achevé

Désormais baptisée SO-Bi, pour Swedish Orphan Biovitrum, la nouvelle entité concentrera ses efforts sur un large portefeuille composé désormais exclusivement de médicaments orphelins et de produits de niche. Entre l'annonce de sa fusion et sa réalisation, Biovitrum a en effet poursuivi le dégraissage de ses actifs en cédant à AstraZeneca (dont sont issus le pdg de Biovitrum et son directeur scientifique) son programme dans le domaine de l'obésité, le dernier programme qui ne correspondait plus à sa nouvelle orientation stratégique et pour lequel elle cherchait un acquéreur (voir Tableau Rachats). Déjà courant novembre, la société avait pu se défaire de plusieurs programmes de soins primaires d'un coup en vendant sa filiale Cambridge Biotechnology à la compagnie britannique Proximagen Neuroscience (voir BioPharmaceutiques n°119).

Le programme cédé à AstraZeneca, encore au stade préclinique, porte sur le développement de molécules administrées par voie orale et mimant l'action de la leptine, une hormone peptidique participant à la régulation de la prise alimentaire. Plusieurs de ces molécules « leptines mimétiques » ont démontré sur des modèles animaux obèses leur potentiel dans la suppression de l'appétit et dans la perte de poids. Une molécule candidate a fait l'objet d'études de toxicologie, mais aucune avancée sur ce programme n'a été réalisée depuis 2008. Selon les termes de son accord avec AstraZeneca, Biovitrum pourra percevoir jusqu'à 186 millions d'euros (dont six millions en paiement initial) si un produit issu de ce programme atteint le marché, ainsi qu'un pourcentage à un chiffre sur les ventes.

Progrès dans l'hémophilie

Tout en préparant sa fusion, Biovitrum n'en a pas moins poursuivi ses efforts dans les aires thérapeutiques sur lesquelles elle a choisi de se recentrer, dont l'hémophilie. La société a notamment franchi une étape majeure en décembre dernier dans l'hémophilie de type A, en administrant pour la première fois à un patient son facteur VIII de nouvelle génération, rFVIIIFc. Cette protéine de fusion à action longue, associant le facteur VIII recombinant au domaine constant des immunoglobulines, est développée par Biovitrum en partenariat avec Biogen Idec (voir Tableau Etudes cliniques et BioPharmaceutiques n°43). L'essai de phase I/II conduit par les deux compagnies permettra d'évaluer le rFVIIIFc chez des patients souffrant d'hémophilie A sévère, déjà traités précédemment pour leur pathologie. Les premiers résultats sont attendus dès cette année.