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28 janvier 2010

Alex Buchan, gestionnaire d'investissements chez NorthStar Equity Investors : "Le délai nécessaire pour une sortie est la question clé pour des fonds qui, comme les notres, interviennent en phase précoce."

BioPharmaceutiques : La crise économique a renforcé les difficultés de financement des sociétés de biotechnologie. Quel bilan dressez-vous de l'année 2009 pour les biotech européennes ?

Alex BuchanAlex Buchan : L'expérience acquise avec les biotech de notre portefeuille montre que l'environnement du financement a été exceptionnellement difficile. Cependant si cette situation est due en partie au climat économique global, elle est davantage liée au stade atteint dans le cycle biotech. Peu de nouveaux investissements ont été réalisés et il y a eu très peu d'appétence pour des opérations où il n'y avait pas de composés lead parvenus au moins en phase II. L'environnement a été un peu plus favorable pour les sociétés qui avaient déjà reçu le soutien d'investisseurs et l'une des entreprises dans laquelle nous avons investi, e-Therapeutics, a pu mener deux levées de fonds cette année pour amener ses candidats lead en phase 3.

BioPharmaceutiques : Quelles ont été les phases les plus difficiles à financer ?

Alex Buchan : Les financements en phase précoce ont été virtuellement inexistants au Royaume-Uni pour les sociétés biotech « pures ». Les fonds ont été réservés pour investir dans les sociétés déjà présentes dans le portefeuille des investisseurs ou dans des entreprises ayant un portefeuille de produits définis.

BioPharmaceutiques : Avez-vous procédé à des arbitrages entre des sociétés biotech et d'autres sociétés actives dans les domaines du dispositif médical, du diagnostic, des technologies propres ou encore des TIC ?

Alex Buchan : Nous n'avons investi dans aucune société de biotech « pure » en 2009 mais nous avons néanmoins investi dans deux activités liées aux sciences de la vie. La première est une spin-out universitaire qui développe des technologies pour la différenciation des cellules souches et la culture de cellules en 3D. Cette société a développé une technologie solide soutenue par plusieurs articles dans des journaux à impact élevé et qui peut s'appliquer dans virtuellement tous les laboratoires ou sociétés impliqués dans la culture de cellules. La seconde propose un dispositif médical pour l'incontinence urinaire chez la femme qui représente un marché de masse. Notre intérêt pour ces deux compagnies est lié à l'existence d'une possibilité de sortie claire et relativement rapide vers le marché et d'un risque technique « gérable ».

BioPharmaceutiques : Quelles évolutions, quelles modifications vous paraissent nécessaires pour faciliter l'accès des sociétés de biotechnologie aux financements ? Quel(s) rôle(s) les sociétés de capital-risque pourraient-elles jouer dans ce cadre ?

Alex Buchan: L'élément clé pour des fonds précoces comme le nôtre est le temps vers la sortie. Une multiplicité de tours de table entraîne une érosion de la valeur et rend très difficile à réussir des retours sur investissement viables. Trouver des moyens de maintenir la valeur pour des investisseurs en phase précoce rendrait le secteur plus attractif.

BioPharmaceutiques : Prévoyez-vous d'investir dans des sociétés de biotechnologie européennes en 2010 ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi

Alex Buchan : Nous étudierions la possibilité d'investir dans une société biotech si apparaissait une opportunité présentant une voie de sortie claire sans tours de table multiples et dans une fourchette de temps de trois à cinq ans.