Archives
28 janvier 2010

La thérapie cellulaire, une priorité pour L'EFS

Unique opérateur français des activités transfusionnelles, l'Etablissement français du sang (EFS), qui célèbre cette année ses dix ans d'existence, se veut aussi un acteur majeur de la recherche française dans le domaine émergent de la médecine régénérative. Afin de consolider son positionnement et de renforcer ses capacités de recherche et ses collaborations publiques et privées, l'EFS a choisi de regrouper ses activités de recherche et de production en thérapie cellulaire sur le site du centre hospitalo-universitaire Henri Mondor de Créteil (Val-de-Marne), où il a inauguré il y a deux semaines une nouvelle plateforme d'ingénierie et de thérapie cellulaire.

Un enjeu majeur

« La thérapie cellulaire est un axe d'activité de l'EFS à part entière », souligne le Dr Philippe Bierling, directeur de l'EFS Ile-de-France. L'établissement est en effet le premier fournisseur de produits de thérapie cellulaire en France, à des fins de greffe de cellules souches hématopoïétiques autologues ou allogéniques. Il mène également une importante activité de recherche, en partenariat avec des équipes universitaires ou hospitalo-universitaires, de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Pour les dirigeants de l'EFS, les applications de la thérapie cellulaire en médecine régénérative constituent un enjeu majeur, puisqu'elles représentent une alternative à la greffe d'organe, en se proposant de remplacer les cellules détruites ou non fonctionnelles.

Avec sa nouvelle plateforme francilienne d'ingénierie et de thérapie cellulaire, l'EFS compte répondre aux exigences réglementaires particulièrement contraignantes qui encadrent ce domaine. Le nouveau bâtiment de 2 000 mètres carrés, qui représente un investissement de 5,9 millions d'euros, accueille depuis plusieurs mois les activités de préparation des produits sanguins à des fins de thérapie cellulaire. « L'unité se veut ouverte à toutes les pathologies pouvant tirer profit de cette technologie », souligne le Dr Bierling. Un millier de produits cellulaires y ont déjà été préparés en 2009. Dans ce même bâtiment, l'EFS vient également d'ouvrir une banque de sang de cordon ombilical (ou sang placentaire), la huitième de l'établissement en France. 270 greffons devront y être stockés en 2010, l'objectif à cinq ans étant d'atteindre un stock de 3 000 greffons.

A plus long terme, l'EFS envisage aussi d'étendre à Créteil ses activités de banque de tissus, notamment dans le domaine en plein essor des cellules souches pluripotentes induites (cellules iPS), technologie émergente pour laquelle les académiques et les industriels à travers le monde expriment un intérêt croissant. L'établissement s'efforce de créer les conditions de la constitution d'une banque de cellules iPS, qui pourront être distribuées aux équipes intéressées. Pour sa part, l'EFS concentrera ses efforts sur la dérivation de ces cellules souches en cellules sanguines.

Recherche et production

Car la nouvelle unité ne se contentera pas d'assurer, comme par le passé, la fourniture des produits de thérapie cellulaire et tissulaire pour répondre aux besoins de l'ensemble de l'Ile-de-France. Elle remplira aussi une mission de recherche, en hébergeant des équipes de R&D tournées vers la médecine régénérative. Une quinzaine de chercheurs universitaires ou de l'EFS ont déjà investi les locaux, qui à terme devraient pouvoir accueillir une soixantaine de personnes. Le deuxième étage, encore vide, sera lui en partie dédié à l'accueil de petites entreprises oeuvrant dans le domaine de la médecine régénérative. Aucun contrat n'a encore été signé, mais plusieurs sociétés auraient fait part de leur intérêt. « L'objectif est vraiment d'établir un lien entre recherche fondamentale et application clinique, dans une logique de recherche translationnelle », souligne le Pr Luc Douay, directeur scientifique de l'EFS Ile-de-France et directeur de la nouvelle unité. Ses propres travaux dans la dérivation de globules rouges à partir de cellules souches hématopoïétiques à des fins transfusionnelles vont eux-mêmes profiter de ces nouvelles installations. Produits à Créteil, ces globules rouges seront très prochainement administrés à l'homme dans le cadre d'un essai de faisabilité.