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18 janvier 2007

Le théragnostic au menu de bioMérieux

C'est une stratégie 2007-2012 pointue, réfléchie, ambitieuse et conçue en étroite coopération avec Christophe Mérieux avant son décès prématuré que le nouveau directeur général de bioMérieux, Stéphane Bancel, vient de développer à la communauté financière lors de la présentation des résultats annuels du groupe. Alors que 2006 a vu le chiffre d'affaires du groupe franchir pour la première fois la barre symbolique du milliard d'euros, son président Alain Mérieux a tenu à souligner en préambule qu'il s'agissait maintenant pour bioMérieux de passer à une stratégie « la plus proche possible du patient et du médecin ».

Un pari ambitieux et cohérent. Résolument international et focalisé sur les maladies infectieuses, bioMérieux compte à la fois sur ses points forts « traditionnels » tels que la bactériologie, les services à l'industrie, les immuno-essais ou la biologie moléculaire et sur son pari en faveur de l'innovation. Avec un investissement en R&D de 13 %, qui devrait d'ailleurs se maintenir à des niveaux similaires dans les cinq ans à venir, le groupe est manifestement doté du potentiel innovateur nécessaire pour investir le champ en émergence né du mariage de la thérapie et du diagnostic, le théragnostic. Face à l'essoufflement du modèle « blockbuster » de la pharma, le groupe voit en effet, « une opportunité importante de développement » dans le besoin d'adapter sélectivement la prescription au profil de chaque patient.

Une nouvelle direction. Avec sa toute nouvelle direction théragnostic, bioMérieux compte bien peser de tout son poids et de toute son expertise pour devenir un partenaire de référence de la pharma et des sociétés de biotechnologie. Avec, à sa tête, Richard Ding qui a été en charge du business development et des fusions-acquisitions pour Lilly, la nouvelle direction s'est implantée à Cambridge dans le Massachussetts, où Stéphane Bancel souligne qu' « elle a pu obtenir une localisation quasi-idéale ». Elle est en effet située en face de l'Institut pour la recherche biomédicale, siège de la R&D de Novartis. En se basant notamment sur sa palette de technologies et sur son acquis dans le domaine avec les antibiogrammes ou encore les tests de charge virale qui contribuent déjà à permettre au médecin d'adapter le traitement pour chaque patient, bioMérieux va se concentrer sur trois axes essentiels, avec, pour chaque molécule, une approche au cas par cas. Les tests prévus sont des tests d'efficacité pour identifier la sensibilité des patients à un traitement, des tests d'évaluation des effets secondaires pour déterminer si un traitement pourrait être nocif pour un patient donné et enfin des test de monitoring pour l'aide au dosage du médicament.

Des partenariats précoces. Il s'agit bien sûr pour bioMérieux d'un domaine totalement nouveau dans lequel son directeur n'anticipe encore aucune vente dans son plan stratégique 207-2012. Il est néanmoins clair qu'en permettant à la pharmacie et au diagnostic de dialoguer et de travailler ensemble, Stéphane Bancel mise sur de potentiels effets de leviers importants. BioMérieux qui travaille déjà à l'identification des molécules actuellement en développement et des composés déjà sur le marché pour leur proposer des tests potentiels, envisage également que des collaborations puissent s'établir dès le stade de la preuve du concept afin de développer en parallèle le médicament et ses tests de sensibilité et/ou de monitoring.