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25 janvier 2007

Et de neuf avec Cellectis !

Si tout se déroule conformément à ses attentes, Cellectis sera la neuvième société de biotechnologie française à pénétrer le marché boursier et la première de l'année 2007. La société a officiellement lancé mardi son opération d'introduction sur Alternext d'Euronext Paris et a indiqué une fourchette de prix de 8,90 à 10,25 euros par action. Avec cette offre ouverte jusqu'au 6 février, date de la première cotation, Cellectis compte lever un minimum de 16 millions d'euros.

Chirurgie génomique. L'opération initiée cette semaine vise à contribuer au développement industriel de cette société implantée sur le site de Biocitech à Romainville. Cellectis développe des systèmes de recombinaison par méganucléase (MRS) qui permettent de modifier et de remplacer à façon des séquences d'ADN. Cette chirurgie génomique est réalisée sur la base de deux phénomènes biologiques naturels : la recombinaison homologue, qui permet aux cellules de réparer leur ADN en autorisant le remplacement d'une séquence d'ADN altérée par une séquence similaire intacte, et les méganucléases, « ciseaux moléculaires » (1). Les possibilités d'application des MRS sont donc vastes et concernent tant la recherche que les industries agronomiques, biotechnologiques et pharmaceutiques. Alors que Cellectis dispose d'une technologie lui permettant de mettre au point des méganucléases coupant l'ADN à un endroit défini à l'avance, 45 contrats commerciaux ou de licence ont été conclus avec des partenaires biotech et pharma notamment dans les domaines des modèles animaux ou encore de la production de protéines. Cellectis assure la conception et la construction des MRS, la preuve du concept et le développement étant réalisés par ses partenaires.

5 MRS à visée thérapeutique. Outre l'amélioration de caractéristiques de semences, la société a choisi de se concentrer sur deux axes majeurs. La société va renforcer l'exploitation des MRS pour la production, à façon ou sur une base non exclusive, de protéines, notamment de protéines à visées thérapeutiques. Le deuxième axe concerne les applications thérapeutiques des MRS. Ici, leur utilisation relève de la thérapie cellulaire, les MRS ayant vocation à être appliqués sur des cellules extraites du patient et réinjectées après le traitement ex vivo. Les indications possibles concernent notamment le traitement de maladies monogéniques et des infections par des virus à ADN (herpès, hépatites virales, HIV...). Actuellement, le portefeuille de la société compte cinq MRS à visée thérapeutique, quatre ciblant des maladies monogéniques (anémie falciforme, déficit combiné immunitaire sévère lié à l'X (X-SCID), Xeroderma pigmentosum et mucoviscidose) et un cinquième pour des applications dans le domaine des lésions cardiaques.

Des ambitions fortes. Aujourd'hui, la société dispose d'une chaîne de production lui permettant d'assurer la fabrication de 8 MRS par an. Les fonds levés seront utilisés pour tripler cette capacité de production d'ici deux ans, notamment en augmentant les effectifs dédiés à cette activité : une tâche qui s'annonce difficile au vu de la spécificité des compétences requises. Il est non seulement prévu de renforcer les équipes de R&D mais aussi les équipes de vente et de marketing pour de nouveaux contrats commerciaux dans les domaines de la bioproduction et de l'agronomie. Cellectis, qui, depuis sa création en décembre 1999, a déjà levé 17,5 millions d'euros, vise ainsi la signature de cinq à sept nouveaux contrats en 2007. D'ici 2010, elle ambitionne un total de 40 MRS « activement utilisés » par ses clients et partenaires. Cellectis envisage également, à moyen ou à long terme, de procéder à des acquisitions de sociétés, notamment dans le domaine du développement clinique. C'est d'ailleurs pour affirmer la notoriété de la société auprès de la communauté financière et préparer dès à présent cette future stratégie de croissance externe, que les dirigeants de Cellectis ont privilégié l'introduction en Bourse plutôt qu'une levée de fonds classique.