Archives
25 janvier 2007

DrugAbuse Sciences cède son pipeline à Elbion

Les molécules de la biotech française DrugAbuse Sciences ont eu les faveurs du belge Elbion. Cette société spécialiste des maladies du système nerveux central et des dysfonctionnements immunologiques a décidé d'étoffer son portefeuille clinique dans une nouvelle direction, celle du traitement de la dépendance. Mais en acquérant les droits d'exploitation de trois produits de DrugAbuse Sciences, c'est l'essentiel de son pipeline qu'Elbion s'approprie.

Créée en 1994 aux États-Unis comme première société biotech dédiée au développement de médicaments dans le domaine des dépendances, DAS a au cours de son existence levé 70 millions d'euros, et ce malgré une première tentative avortée d'introduction boursière sur le Nasdaq en 2000. DAS était devenue française en 2004, avec l'absorption de la société-mère américaine par sa filiale française. Avec l'échec de sa nouvelle tentative d'introduction boursière, cette fois initiée en France en juin 2006, DAS n'a pas réussi à réunir les fonds nécessaires à la poursuite du développement de son produit phare, Naltrexone Depot (formule retard de naltrexone administrable sous forme d'injections intramusculaires mensuelles), qui avait déjà achevé une première étude de phase III, dans le traitement de la dépendance un alcool. Les actionnaires de DAS ont estimé que la meilleure solution était de céder les droits d'exploitation du produit à une société qui avait la volonté et les moyens d'achever son développement, conditions remplies par Elbion. L'entreprise belge devrait lancer une nouvelle étude de phase III sur Naltrexone Depot avant la fin de l'année. Mais Elbion ne s'est pas contenté de ce produit, qui se retrouve aujourd'hui le candidat le plus avancé de son propre pipeline : la société a aussi acquis les droits de Buprenorphine Depot (formulation retard de buprenorphine administrable sous forme d'injections intramusculaires mensuelles), en phase préclinique dans le traitement de la dépendance à l'héroïne et aux opiacées, et sur DAS-431 (agoniste du récepteur D1 de la dopamine), qui a autrefois atteint la phase II dans des indications de déficiences cognitives et de dépendance à la cocaïne, mais sur lequel aucune étude n'a été menée depuis plusieurs années.

Ne reste à présent dans le portefeuille de DAS que quelques brevets et les actions d'Elbion accordées en échange de la cession des droits d'exploitation sur ses produits. L'avenir de DAS repose à présent entre les mains de son conseil d'administration, qui prendra des décisions dans les prochains mois.