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25 janvier 2007

Cerep cherche à retrouver sa rentabilité

Cerep s'en sort plutôt bien. À la veille d'une restructuration majeure annoncée le mois dernier, le groupe a publié l'estimation de ses résultats pour l'année 2006. La stabilité du chiffre d'affaires total, à 52,8 millions d'euros, doit beaucoup à la très bonne performance des activités de profilage pharmacologique in vitro et de services cliniques - le CA de cette dernière activité affichant même une progression en hausse de 20 % au quatrième trimestre - qui contrebalance le net retrait des activités de chimie. Les dirigeants de Cerep attribuent cette baisse de performance à un taux de change défavorable par rapport au dollar et à une concurrence asiatique de plus en plus agressive. Sans l'arrêt de l'activité de pharmacologie chez l'animal (interrompue en 2005) et le passage à une nouvelle étape du partenariat avec Sanofi-Aventis (d'où une interruption du versement des paiements de recherche en 2006), le groupe aurait même pu afficher un CA en hausse de 6 %, correspondant aux perspectives de croissance pronostiquées l'an passé. L'incertitude demeure quant aux pertes de la société : la perte d'environ 3 millions d'euros annoncée (contre 5,9 millions l'an passé) ne tient pas compte en effet des charges liées à la future restructuration. Ayant décidé la cessation de son activité chimie, plus assez rentable, la société aura donc le cas échéant à financer un plan social. Cerep est actuellement à la recherche d'un repreneur pour l'activité et pour le site de Villebon (Essonne) où elle est implantée.

Fin de la R&D interne. Autre décision d'importance annoncée en décembre : le groupe abandonne son business model mixte services et R&D, instauré en 2000 et qui avait plutôt bien fonctionné jusqu'en 2005, les ressources générées par les activités de service permettant d'assurer le financement des programmes de R&D internes. Notamment à cause de la baisse des revenus provenant de l'activité chimie, cet équilibre n'était plus assuré dès 2005. « Mener les deux métiers de front a été un atout pour le développement de l'entreprise », estime son PDG Thierry Jean, « mais nous devons à présent faire un choix. » L'objectif de la société aujourd'hui est de valoriser au mieux ses actifs de drug discovery en les licenciant à un partenaire. Son programme en oncologie, le plus avancé, comprend notamment un produit en phase I/II de développement clinique dans la leucémie myéloblastique aiguë, un promoteur de la réversion tumorale baptisé CER227185.

Plan de croissance. Cerep envisage désormais de se déployer autour de ses points forts, les activités cliniques et le profilage pharmacologique au service des sociétés pharmaceutiques. D'après Thierry Jean, le groupe a déjà défini un plan de développement global de croissance interne - et éventuellement de croissance externe - qui serait facilité avec une capacité de financement supérieure à sa capacité actuelle. En même temps que ses résultats financiers, les dirigeants de Cerep ont fait part d'une possible augmentation du capital de la société, qui interviendrait avant la fin de l'année.