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31 janvier 2011

Amgen met un milliard de $ sur la table pour acquérir BioVex

BioVex développe en phase III un virus oncolytique, dont les résultats complets dans le traitement du mélanome métastatique sont attendus pour la fin du premier semestre 2012.

Amgen et BioVex sont tombées d'accord : la firme américaine, numéro un mondial du secteur biotech, devrait boucler avant fin mars 2011 l'acquisition de sa compatriote, contre 425 millions de $ en paiement immédiat et jusqu'à 575 millions de $ de paiements additionnels si le portefeuille de candidats cliniques de BioVex tient ses promesses.

Née NeuroVex en 1997 comme spin-out de l'University College London, siégeant au Massachusetts depuis 2005, la société combat les tumeurs solides à l'aide de virus oncolytiques. Ces derniers se répliquent sélectivement dans les cellules tumorales, provoquant leur destruction sans affecter les cellules saines voisines. Le produit le plus avancé de BioVex, baptisé OncoVEXGM-CSF, repose sur cette technologie, notamment pour le traitement du mélanome.

Des succès récents dans le mélanome

Une technologie qui a su convaincre les financeurs. En dix ans, BioVex, non cotée, a ainsi levé environ 175 millions de $, dont 70 millions d'euros pour la seule année 2009, auprès de 16 investisseurs dont la moitié sont des européens. Le français Ventech a été l'un des derniers à entrer au capital de la compagnie, en novembre 2009, et y a investi 5 milliards de $ au total. « Même si la société brûlait beaucoup d'argent, nous étions convaincus qu'il y avait un produit, les données de phase II étaient intéressantes », témoigne Mounia Chaoui-Roulleau, general partner chez Ventech.

La technologie de BioVex a toutefois mis un certain temps avant de séduire un repreneur à même d'amener son produit leader sur le marché. « A l'époque, il y avait eu beaucoup d'échecs dans le mélanome et les oncovirus », rappelle Mounia Chaoui-Roulleau. Ce n'est que récemment que le vent a tourné, avec les bons résultats obtenus en phase III dans le mélanome par BMS avec un anticorps monoclonal et par Plexxikon et Roche avec une thérapie ciblée.

Des données disponibles cette année

L'OncoVEXGM-CSF de BioVex fait également l'objet de deux études de phase III. L'une, démarrée en décembre dernier, vise à évaluer la sûreté et l'efficacité du produit administré, en combinaison avec le cisplatine, à des patients souffrant d'un cancer de la tête et du cou localement avancé. L'autre, initiée en 2009, doit permettre de comparer l'efficacité d'OncoVEXGM-CSF avec celle du GM-CSF dans le traitement du mélanome métastatique. Les données nécessaires à l'évaluation des critères primaires de l'étude devant être récoltées avant ce mois de juin, Amgen n'aura ainsi guère à attendre pour voir confirmer la pertinence de son acquisition. Pour les investisseurs de BioVex en revanche, la rentabilité est déjà au rendez-vous.

Julie Wierzbicki