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10 janvier 2008

Santaris signe avec GSK et lève plus de 20 millions d'euros

Fin 2007, Santaris Pharma a accueilli deux nouveaux investisseurs dans son capital : le groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline dans le cadre d'un accord global de R&D et une société de capital risque, Gilde Healthcare Partners, après un tour de table de série C destiné à financer la progression de son portefeuille vers la clinique.

Programmes dans des pathologies virales. GSK aura donc conclu deux accords en décembre avec des sociétés de biotechnologies européennes dans le domaine des maladies infectieuses, l'un avec le belge Galapagos (voir BioPharmaceutiques n°46) et l'autre avec le danois Santaris. Ce second partenariat porte sur la découverte, le développement et la commercialisation de nouveaux antiviraux développés à partir de la technologie "Locked Nucleic Acid" (LNA - ARN verrouillé) du danois qui permet de produire une nouvelle génération d'oligonucléotides antisens. Baptisés antagonistes de l'ARN, ces oligonucléotides ciblent notamment des ARN messagers ou des micro ARN impliqués dans des pathologies cancéreuses ou métaboliques. L'accord conclu avec GSK se décompose en deux volets et donne au groupe britannique, la possibilité d'accéder à tous produits de type antagonistes de l'ARN brevetés par Santaris, et ce, pour un nombre pouvant aller jusqu'à quatre programmes pour des indications à des pathologies virales. En pratique, dans chacun des programmes, Santaris assurera seul le développement de ses produits jusqu'à la fin de la phase IIa, à la suite de quoi GSK décidera s'il poursuit ou non leur développement jusqu'à la commercialisation.

Option pour l'hépatite C. GSK dispose par ailleurs d'une option pour acquérir SPC3649, antagoniste d'un micro-ARN présent dans les cellules hépatiques humaines qui pourrait être indiqué dans le traitement de l'hépatite C (voir BioPharmaceutiques n°31). S'il l'exerce, Santaris recevra un versement initial de cinq millions de $ et jusqu'à 122 millions de $ (83 millions d'euros) en paiements d'étapes si le produit est approuvé en Europe et aux Etats-Unis. Au total, les modalités financières de cet accord prévoient l'entrée de GSK dans le capital de Santaris à hauteur de cinq millions de $ (3,4 millions d'euros). Pour le premier programme antiviral, la société danoise recevra 3 millions de $ (2 millions d'euros) en paiement initial et les paiements d'étapes pourront atteindre jusqu'à 140 millions de $ (95 millions d'euros) si les médicaments candidats dirigés contre la première cible vont jusqu'au marché. Les clauses sont les même pour chaque programme collaboratif supplémentaire que GSK décidera d'engager. Au total, cet accord pourrait rapporter jusqu'à 700 millions de $ (477 millions d'euros) en paiements d'étapes à la société danoise.

Deux ans de visibilité financière. Autre apport financier pour Santaris annoncé également mi-décembre, la société a bouclé un tour de table de série C de 20,4 millions d'euros. Nouvel entrant parmi les investisseurs, le néerlandais Gilde Healthcare Partners a contribué à ce financement à hauteur de 7,5 millions d'euros ; l'un de ses représentants rejoindra le conseil d'administration de Santaris. La levée de fonds a été complétée par les actionnaires historiques, l'équipe dirigeante et les membres du conseil d'administration. Les sociétés de capital risque impliquées sont essentiellement scandinaves, mais on y trouve aussi un second néerlandais (Forbion Capital Partners), un allemand (Global Life Science Venture), un suisse (Omega) et un français (Seventure Partners). En mars 2006, Santaris avait clôturé un tour de table deux fois plus important (40 millions d'euros). Les nouveaux montants levés permettent à la société de disposer de plus de 40 millions d'euros de trésorerie, qui serviront à financer l'avancement des programmes de R&D. Santaris estime ainsi disposer d'une visibilité financière jusqu'à fin 2009 sans avoir besoin de chercher d'ici là de nouvelles ressources, même si une entrée en Bourse, déjà évoquée à l'issue du tour de table de série B, reste toujours envisageable.
L'objectif de la société pour le premier semestre 2008 est de réaliser les premières études de sécurité chez l'homme avec SPC3649 et d'amener en phase II dans le traitement du lymphome SPC2996, son produit le plus avancé, antagoniste du micro-ARN Bcl-2. Les résultats de phase I/II évaluant ce produit dans la leucémie lymphoïde chronique ont été publiés en 2007. Cette étude s'était déroulée en Europe (France, Royaume-Uni, Danemark) et aux Etats-Unis : il s'agissait alors de la première évaluation chez l'homme de l'efficacité et de la sécurité d'un candidat médicament de type LNA.