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10 janvier 2008

Addex et Merck & Co, bis repetita amplifié

Un second accord en un mois avec la même big pharma : de bien belles étrennes pour le suisse Addex, qui trouve ainsi avec Merck & Co un partenaire de choix pour accompagner le développement de la molécule la plus avancée de son pipeline préclinique, ADX63365, modulateur allostérique positif du récepteur mGluR5, développé dans le traitement de la schizophrénie. Un stade d'avancement et une indication large qui justifient le changement d'échelle dans les modalités financières de ce nouvel accord : 22 millions de $ en versement initial et jusqu'à 455 millions de $ en paiements d'étapes pour une seule molécule développée dans deux indications, et jusqu'à 225 millions de $ pour un second produit issu du même programme, contre trois millions de $ seulement en paiement initial dans le cadre de l'accord précédent. Annoncé début décembre, celui-ci porte sur un programme plus amont de modulateurs des récepteurs mGluR4 dans la maladie de Parkinson (voir BioPharmaceutiques n°45). Les deux accords prévoient des royalties en cas de commercialisation des produits et permettent à la société suisse de bénéficier d'une option de co-promotion dans certains pays de l'Union européenne et de participer à un conseil de surveillance commun pour le développement clinique, assuré par la firme américaine. Selon le pdg d'Addex, Vincent Mutel, le mécanisme d'action original d'ADX63365 permettrait à la molécule, en plus des autres effets obtenus avec les agents antipsychotiques classiques, de répondre à la problématique du déficit cognitif lié à la schizophrénie, non traité par les médicaments disponibles.

D'autres partenaires à séduire. Cette bonne nouvelle vient largement compenser la déception génerée par les résultats de phase IIa de la molécule la plus avancée du portefeuille clinique d'Addex, ADX10059, modulateur allostérique négatif de mGluR5, évalué ici dans le traitement de l'anxiété aiguë. Cet essai comparatif contre placebo, mené au Royaume-Uni chez des patients souffrant d'anxiété liée aux soins dentaires, n'a pas permis de montrer une efficacité significative de la molécule, dont le développement dans cette indication ne sera pas poursuivi. ADX10059 pourra cependant être évalué en phase II dans le traitement de l'anxiété chronique, mais Addex n'envisage pas de se lancer dans un tel développement sans le soutien d'un partenaire.
La société poursuit en revanche le développement de la molécule dans le reflux gastro-oesophagien et la prévention de la migraine (voir BioPharmaceutiques n°40). Avant le début des études de phase IIb, prévu en milieu d'année, un nouvelle étude de phase I est programmée à la fin du premier trimestre pour tester la formulation du produit. Des discussions sont en cours avec des sociétés pharmaceutiques pour poursuivre son développement après ces phases IIb, idéalement dans le cadre d'un accord multi-indications avec un partenaire unique. Trois autres produits du pipeline d'Addex, visant des indications larges et diverses comme l'anxiété, le reflux gastro-oesophagien ou l'ostéoporose, sont également "bons pour le partenariat", mais la société pourrait les développer et les commercialiser seule dans des indications de niche, afin de se constituer une base de revenus constants.