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10 janvier 2008

AmVac dope ses technologies vaccinales

La valorisation à la mode allemande porte ses fruits... et permet aux travaux de recherche des instituts nationaux de s'exporter en Suisse. C'est ainsi AmVac, une société helvète dédiée aux vaccins qui vient coup sur coup d'acquérir des licences sur des technologies développées dans deux grands centres de recherche d'outre-Rhin.

Prototype et adjuvants vaccinaux. Le premier accord négocié avec Max Planck Innovation GmbH, la société de transfert de technologie des Instituts Max Planck, va lui permettre d'utiliser une nouvelle technologie de vaccination dérivée de l'utilisation d'un virus de Sendai (virus à ARN de la famille des paramyxovirus et n'infectant pas les humains) modifié. Capable d'activer l'éventail de la réponse immunitaire, le prototype vaccinal mis au point par l'Institut Max Planck de Biochimie peut être adapté pour induire l'expression d'antigènes variés et pourrait donc s'appliquer à la mise au point de vaccins contre de nombreuses maladies. Les premiers travaux en cours portent sur l'application du prototype à la mise au point d'un vaccin contre le virus syncitial respiratoire qui sera proposé par voie inhalée. Le suisse AmVac devrait d'ailleurs installer prochainement à Munich une filiale de R&D qui sera chargée de valider et de développer la plateforme technologique associée à ce prototype.
Le deuxième accord relève quant à lui du domaine des adjuvants vaccinaux et porte sur l'utilisation d'un lipopeptide synthétique MALP-2 (Macrophage Activating LipoPeptide of 2 kDa) et de ses dérivés. Développé par le Centre Helmholtz pour la recherche sur les infections (Helmholtz-Zentrum für Infektionsforschung -HZI - Helmholtz Centre for Infection Research), MALP-2 a été obtenu à partir du mycoplasme Mycoplasma fermentans et a démontré son aptitude à augmenter la réponse immunitaire lorsqu'il est administré avec des vaccins tant par voie sous-cutanée que par voie inhalée. Les travaux du HZI ont notamment montré qu'il contribue à déclencher et à activer la maturation d'une des catégories de cellules présentatrices de l'antigène, les cellules dendritiques. Alors que cet adjuvant pourrait être utilisé dans une large gamme d'indications vaccinales, depuis les infections respiratoires à la maladie de Chagas et au sida, l'accord de licence conclu confère à AmVac des droits exclusifs pour l'utilisation de MALP-2 en tant qu'adjuvant vaccinal pour toutes les maladies infectieuses aussi bien que pour des indications gynécologiques et urologiques, ces pathologies étant le domaine de spécialité de la société suisse. L'intégration de l'ensemble de ces nouvelles technologies en provenance de ces deux instituts sera assurée sous la direction de Wolfgang Schmidt, qui était précédemment en charge pour Sanofi-Aventis à Francfort de la gestion des contrats de recherche.

Valorisation et prise de participation. Au-delà du renforcement du potentiel technologique d'AmVac, ces deux accords mettent aussi en évidence un modèle de valorisation original et quelque peu particulier. Dans les deux cas, les conditions de l'accord relèvent certes d'une structure classique avec, pour les instituts de recherche, paiement initial, paiement d'étapes et royalties sur les ventes futures en échange de droits exclusifs concédés à AmVac pour le développement et la commercialisation des fruits de leurs travaux. Mais surtout, les deux partenaires allemands ayant négocié les cessions de licence sur le prototype vaccinal et sur le MALP-2, à savoir la société Max Planck et Ascenion, prennent en parallèle une participation dans le capital de la société se portant acquéreur de la licence, en l'occurrence, ici AmVac. Du côté d'Ascenion, cette société de conseil en gestion de propriété intellectuelle qui intervient pour une douzaine d'instituts de recherche allemands dispose déjà d'une participation dans une douzaine de spin-offs.