Contre le cancer, le PSCC veut monter en puissance
« Catalyseur » de la transformation de la recherche en solutions innovantes contre le cancer, le Paris Saclay Cancer Cluster poursuit son déploiement avec la mise à disposition de nouvelles plateformes technologiques pour accompagner le développement de projets biotech ou medtech, et l’installation de premières entreprises au cœur du Campus Grand Parc.
Quatre ans après son lancement officiel, le Paris Saclay Cancer Cluster (PSCC) a organisé ce 4 février, journée mondiale contre le cancer, la troisième édition de son Innovation Forum. L’occasion pour ses dirigeants de faire le point devant la presse sur les avancées réalisées par ce biocluster que son président, le Pr Eric Vivier, décrit comme une « ville nouvelle dédiée à la recherche contre le cancer et à la déclinaison de cette recherche en traitements ». Une cité déployée autour du centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy à Villejuif, encore largement en construction, mais de plus en plus opérationnelle. Sur les 100 000 m² du site du Campus Grand Parc, 45 000 sont déjà aménagés. L’un des nouveaux immeubles les plus emblématiques, The Hive (la ruche), devrait être officiellement inauguré le 4 juin prochain. Sept entreprises vont s’y installer dès ce début d’année (soit près de 250 personnes). L’objectif du PSCC est d’accueillir dix entreprises de plus sur ce campus d’ici la fin 2026, quinze de plus à horizon fin 2027. Parmi celles dont l’emménagement est d’ores et déjà annoncé figure Sanofi, l’un des partenaires fondateurs du PSCC, ou encore la start-up One Biosciences, actuellement basée à Paris, et qui ouvrira également l’été prochain un laboratoire dans l’État de New York.
77 projets accompagnés
Les start-ups accompagnées par le PSCC ont levé au total « plus de 200 M€ depuis 2023 », indique Benjamin Garel, directeur général du cluster. Mais l’année passée s’est révélée particulièrement morose, « pire encore que 2024 » : seule One Biosciences a réellement tiré son épingle du jeu, avec 15 M€ levés en série A en 2025. Dans ce contexte compliqué, le PSCC a budgété cette année 2,5 millions d’euros pour financer en pré-amorçage une « étape transformatrice » de dix projets accompagnés : les lauréats seront dévoilés en avril prochain. « Nous ne sommes pas une banque : c’est une expérience que nous menons, avec l’espoir que cela serve de levier pour lever des fonds auprès d’autres acteurs », insiste Eric Vivier.

Le PSCC accompagne désormais 77 projets (+26 % par rapport à l’an dernier), dont 56 % de biotech (de la découverte à la phase I/II) et 44 % de medtech ou d’e-santé (de la preuve de concept à l’accès au marché). Neuf concernent l’oncopédiatrie. 64 sont français mais quelques porteurs de projets européens, nord-américains et même d’Amérique du Sud ou d’Asie, bénéficient de cet accompagnement. « Notre objectif est de faire en sorte que le choix de la France pour développer un médicament en oncologie représente un avantage compétitif », affirme Benjamin Garel.
Huit plateformes technologiques opérationnelles
Ces développements peuvent notamment s’appuyer sur huit plateformes technologiques (sept en Ile-de-France, une à Marseille) aujourd’hui fonctionnelles, développées avec des partenaires académiques, allant de l’analyse moléculaire à la conduite d’essais cliniques, en passant par la modélisation préclinique et la production de médicaments de thérapie innovante. « Le PSCC soutient leur lancement et leur fonctionnement pour une durée de quatre ans, mais à l’avenir elles devront être en mesure de s’auto-financer », précise Eric Vivier. Des discussions sont en cours avec l’AP-HP pour l’ouverture d’une nouvelle plateforme visant à attirer des essais cliniques à promotion industrielle, « et d’autres dossiers nous sont soumis, par exemple sur la radiothérapie ou encore la vectorisation in-vivo : l’appel d’offres est toujours ouvert ».
En parallèle, le cluster poursuit la structuration de sa plateforme multicentrique d’accès sécurisé aux données de vie réelle en oncologie, PSCC DATA. Celle-ci s’appuie sur les dossiers informatisés de plus de 275 000 patients des entrepôts de données de santé de l’Institut Curie, de Gustave Roussy et de l’Hôpital Foch, avec lesquels des accords ont déjà été signés (des discussions sont en cours avec l’AP-HP), ainsi que des échantillons biologiques annotés. « Notre ambition est de disposer de 80 à 100 « lignes d’information » par patient, allant de son code d’identification aux résultats de séquençage génomique. Notre promesse : un accès aux données en moins de trois mois ! », s’enthousiasme Benjamin Garel. Depuis deux ans, des personnels dédiés sont à pied d’œuvre pour régler les difficultés techniques mais aussi administratives. Objectif : ouvrir la plateforme en bêta-test à horizon 2027.
Julie Wierzbicki
photo du site copyright Campus Grand Parc




