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Covid-19 : la connaissance progresse

Lors du colloque de Pharmaceutiques sur la réponse au Covid-19, les intervenants de la première table ronde ont livré leurs points de vue sur les politiques de santé publique, l’amélioration de la prise en charge thérapeutique et les candidats vaccins… sans occulter les nombreuses questions qui cherchent encore leur réponse.

« Nous avons beaucoup progressé dans la prise en charge thérapeutique du Covid-19 » : d’emblée, le Pr Brigitte Autran, professeur émérite à la faculté de médecine de Sorbonne Université, pose un discours rassurant en ouvrant la première table ronde du colloque organisé par Pharmaceutiques le 17 décembre. « En luttant très tôt contre l’inflammation, qui se manifeste dans la 2e phase de la maladie, on peut réduire la mortalité de moitié. Et pour agir sur la première phase infectieuse, de nouveaux médicaments sont en train d’émerger, non pas repositionnés mais développés spécifiquement. » Plusieurs d’entre eux ont déjà obtenu une autorisation d’urgence aux Etats-Unis et devraient bientôt intégrer des essais cliniques conduits en Europe. Mais le défi reste encore la prévention de la maladie, et les fameux « gestes barrières » ne suffisent pas.

Des mesures de santé publique trop tardives en France

Maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l’université de Montpellier, Mircea T. Sofonea pointe la stratégie attentiste du gouvernement français face à l’émergence de la 2e vague. « Dès la mi-juillet l’épidémie n’était déjà plus sous contrôle, et les modalisations indiquaient que la situation des services hospitaliers redeviendrait critique dès novembre… Mais il a fallu attendre mi-octobre pour que soit prise la première mesure forte, l’instauration du couvre-feu », déplore-t-il. Le dépistage massif – mais aussi de façon aléatoire – est nécessaire, au moins pour comprendre les schémas de transmission dans les métropoles : « Seule une personne sur cinq dépistée positive était identifiée comme cas contact », note-t-il. Mais le dépistage ne sert à rien selon lui sans l’isolement des personnes infectées, du fait des contaminations intra-foyer : une mesure que le gouvernement français se refuse pour l’heure à rendre obligatoire. La différence est flagrante avec la politique chinoise « où on sort le Canadair à la moindre alerte : on teste massivement et on isole tout le monde pendant 15 jours, témoigne le Dr Guillaume Zagury, spécialiste en santé publique internationale basé en Chine. Il n’y a aucun jugement de valeur de la part des populations sur ces mesures : elles sont acceptées car elles sont efficaces. »

De gauche à droite : le Dr Guillaume Zagury, spécialiste en santé publique internationale, Hervé Réquillart, directeur des rédactions de Pharmaceutiques, le Pr Brigitte Autran, professeur émérite de la faculté de médecine de Sorbonne Université et Mircea T. Sofonea, maître de conférences à l’Université de Montpellier.

Des premières données encourageantes sur les vaccins

Le vaccin apparaît à ce jour comme le meilleur espoir d’enrayer la pandémie. « Il est clair qu’en état d’urgence sanitaire, le vaccin est la clé car il n’y a encore pas d’autre alternative », constate Guillaume Zagury. Brigitte Autran souligne le rôle majeur joué par l’Europe, dont sont issues les technologies à l’œuvre dans la grande majorité des candidats vaccins les plus avancés, même si, reconnaît-elle, les Etats-Unis ont financé les recherches et les développements cliniques. Mais la Chine n’est pas en reste, avec cinq vaccins sur les 17 aujourd’hui en phase III dans le monde. « Sur ces candidats, issus de technologies plus classiques (virus inactivé ou adénovirus) que les vaccins à ARNm, l’efficacité est estimée à 85 % : on attend les publications incessamment », assure Guillaume Zagury.
« Pour une prévention sereine, efficace et constructive, il faut commencer par dire ce que l’on sait », insiste Brigitte Autran. Concernant les vaccins les plus avancés, notamment ceux issus des technologies ARNm (Pfizer/BioNTech et Moderna), « on sait qu’ils sont bien tolérés et très efficaces ». Avec trois à six mois de recul, les potentiels effets de long terme demeurent encore inconnus. « Dans la vaccination, les effets secondaires surviennent généralement dans les deux semaines à deux mois post-injection », indique-t-elle. Les effets indésirables très rares, eux, émergeront au fur et à mesure qu’augmentera le nombre de personnes vaccinées : les dispositifs de pharmacovigilance devront jouer leur rôle. L’efficacité de la première campagne de vaccination reste difficile à modéliser selon Mircea Sofonea, du fait de deux inconnues. En premier lieu la durée de protection conférée par le vaccin et son efficacité sur le blocage de la transmission… mais aussi l’action publique qui sera conduite pour promouvoir la vaccination.

Julie Wierzbicki

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