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Une nouvelle alliance public / privé pour renforcer la filière IA et cancer

Figurant dans le volet « IA et santé » du contrat stratégique de filière, le projet « IA et cancer » s’est concrétisé par la création le 3 août dernier de l’association « Filière Intelligence Artificielle et Cancer » (FIAC). Au jour de son lancement officiel, Thierry Breton, directeur général de l’Institut national du cancer (INCa) et Marco Fiorini, délégué général de l’Alliance pour la recherche et l’innovation des industries de santé (Ariis), membres fondateurs (1), présentent aux lecteurs de Pharmaceutiques les enjeux et les objectifs de ce nouveau partenariat public / privé.

Existe-t-il déjà une filière « IA et santé » en France ou est-elle encore à constituer ?

Marco Fiorini (Ariis) : Il existe déjà tout un tissu de PME, des acteurs très performants, sur tout le territoire. L’ambition du Conseil stratégique de filière était de cultiver un terreau commun. Avec cette association nous voulons créer un outil fédérateur, pouvant avoir une visibilité internationale, d’une filière autour de l’IA appliquée au cancer.

Thierry Breton (INCa) : L’originalité de notre association est de rassembler la puissance publique et les acteurs privés. Nous voulons en faire un catalyseur, un outil fédérateur et mobilisateur au service d’une filière qui existe déjà, mais permettant d’aller plus loin et plus vite dans la proposition de solutions thérapeutiques aux patients.

Quelles sont les forces et faiblesses de la France spécifiquement dans ce domaine ?

Marco Fiorini : La principale faiblesse est pour moi la fragmentation des acteurs et des projets, tandis que la principale force réside dans le potentiel d’innovation de ce terreau commun que sont les données nationales de santé en oncologie. Avec le SNDS (système national des données de santé), qui est unique au monde, et son volet « données en cancérologie » intégré à la plateforme de données de l’INCa, la France dispose déjà d’une avance certaine ! Par ailleurs la France est dans le top 3 mondial de la recherche clinique en oncologie, notamment grâce à l’INCa, ce qui est reconnu par les industriels. On doit développer encore davantage cette attractivité, par exemple en contribuant à baisser le coût de cette recherche avec le recours aux bras comparateurs numériques.

Thierry Breton : Il existe des faiblesses structurelles : l’absence de big pharma française parmi les leaders mondiaux en oncologie ; l’accompagnement des PME dans leur développement ; une forme d’éparpillement et des difficultés (réglementaires, organisationnelles, techniques ou même politiques) dans l’accès aux données. Notre force réside dans la structuration du paysage de la cancérologie, avec des centres de recherche de niveau international. Et notre plateforme de données en cancérologie, même si elle ne répond pas à tous les besoins, est une première brique absolument essentielle. Aujourd’hui, avec l’association FIAC, nous dotons la France d’une nouvelle force qui permettra d’étendre le périmètre de données disponibles et d’en faciliter l’usage.

Thierry Breton, directeur général de l’INCa :

« Avec l’association Filière Intelligence Artificielle et Cancer, nous dotons la France d’une nouvelle force qui permettra d’étendre le périmètre de données disponibles et d’en faciliter l’usage. »

Comment fédérer au-delà des membres fondateurs ?

Thierry Breton : L’association fonctionnera avec deux comités qui seront très étroitement associés à ses travaux : un comité des parties prenantes qui rassemblera tous les acteurs pouvant être intéressés par ces domaines, y compris les hôpitaux ou les associations de patients, et un comité des partenaires plutôt orienté vers les industriels. L’objectif de l’association est vraiment de travailler pour l’ensemble de la filière, elle doit donc être un espace de discussion le plus large possible.

Marco Fiorini : L’association sera installée au sein du Paris Santé Campus. Un élément fondamental sera notre capacité à nouer un dialogue avec le plus grand nombre de parties prenantes productrices de données. Il faut absolument être à l’écoute pour être performants ensemble. Les process élaborés au cours des projets de réutilisation des données en cancérologie (PRC) seront mis à la disposition de tous. Toute partie prenante même étrangère à notre association devra pouvoir s’appuyer sur nos outils.

Comment seront sélectionnés et financés les 50 PRC qu’elle compte mener dans les cinq prochaines années ?

Marco Fiorini : Nous avons créé cette association à partir de questions concrètes et avons démarré avec plusieurs « pilotes » sur des cas d’usage représentatifs. Par exemple, un PRC mené par AstraZeneca, dans le suivi à long terme des patients bénéficiant d’un traitement en accès précoce ; un autre conduit par Amgen sur l’optimisation des séquences de traitements dans la prise en charge du myélome ; et un porté par Novartis sur l’appariement de données des plateformes génétiques et du SNDS. Tout acteur présent sur le sol français pourra soumettre un projet, qui sera instruit par l’association et présenté au conseil d’administration. Les dossiers seront examinés selon des critères qui seront rendus publics : importance pour les patients, utilisation de jeux de données originaux, maturité scientifique, possibilité d’aller vers des preuves de concept innovantes… Les projets, financés par leur demandeur sans marge pour l’association, seront des preuves de concept documentées pour que d’autres puissent mener des projets similaires, même hors association. Par ailleurs, chaque industriel fondateur en mènera deux pour lancer le processus.

Thierry Breton : 50 projets en cinq ans, c’est assez ambitieux ! On s’attend à avoir une montée en charge, tant qualitative que quantitative. Nous aurons un processus de sélection transparent : chaque année le comité des parties prenantes rendra compte des PRC présentés et pourra commenter les décisions du conseil d’administration, et tout cela sera publié. Un enjeu très important est celui du bon usage des données de santé. Sur cet aspect, la puissance publique jouera le rôle de tiers de confiance et devra garantir que les projets présentés respectent le bon usage et l’ensemble des réglementations, et pourra mettre son veto à un projet qui ne répondrait pas à ces exigences. Nous travaillons avec la CNIL à l’élaboration d’un cadre simplifié, pour que les procédures soient plus rapides.

Marco Fiorini, délégué général de l’Ariis :

« C’est en apportant de la matière à ce terreau commun des données de santé et en les rendant accessibles à tous que l’on va créer de la valeur et de l’emploi. »

Il est question aussi d’intégrer les données produites par les industriels à la plateforme des données de l’INCa : selon quelles modalités ?

Thierry Breton : Les entreprises dont le PRC aura été retenu, y compris les membres fondateurs, seront encouragées à verser tout ou partie des données générées dans ce cadre, au sein de la plateforme de données en cancérologie de l’INCa. Concrètement, au cas par cas, on extraira les données ne relevant pas d’un régime juridique particulier, et celles-ci seront intégrées à la plateforme de façon appariable ou déjà appariées avec d’autres données, notamment celles du SNDS.

Marco Fiorini : C’est pour nous industriels un dossier majeur : c’est en apportant de la matière à ce terreau commun des données de santé et en les rendant accessibles à tous que l’on va créer de la valeur et de l’emploi. L’Ariis a créé un groupe de travail sur le sujet, pour réfléchir à ces enjeux et examiner en détail toutes les étapes. L’objectif final est bien que ces données soient accessibles à tous, et à la recherche publique en particulier.

Propos recueillis par Julie Wierzbicki

(1) Outre l’INCa et l’Ariis, les autres membres fondateurs de l’association FIAC sont le Health Data Hub, France Biotech et sept grands laboratoires pharmaceutiques : Amgen, AstraZeneca, Janssen-Cilag, MSD France, Pfizer et Pierre Fabre.

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