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Unicancer et Roche créent un observatoire du médicament en cancérologie

Capitalisant sur l’expérience du modèle de remboursement personnalisé (PRM) de Roche et du programme ESME de collecte et d’analyse de données de vie réelle d’Unicancer (fédération française des centres de lutte contre le cancer), le futur OncoDataHub se veut une infrastructure facilitant l’exploitation rapide par tout acteur de données de dispensation et de données cliniques recueillies dans les établissements de prise en charge du cancer. Pour Pharmaceutiques, Anne-Laure Martin, responsable de la direction des datas et des partenariats chez Unicancer et Jean-Marc Pinguet, directeur de la médecine personnalisée chez Roche France, reviennent pour la première fois sur la philosophie, l’avancement et les objectifs de ce partenariat public-privé.

Comment est né ce projet d’OncoDataHub ?

Jean-Marc Pinguet (Roche) : Avec Unicancer, nous avions rapidement établi ce constat commun qu’il y avait une vraie opportunité à capitaliser sur les expériences et les structures existantes des programmes PRM de Roche et ESME d’Unicancer. PRM se focalise sur le suivi d’utilisation des produits de Roche en oncologie – et nous a d’ailleurs permis de conclure un accord de prix avec le CEPS. Nous avons besoin d’une complémentarité avec l’approche d’ESME, qui est davantage tournée vers la donnée clinique longitudinale. L’idée est vraiment de créer une nouvelle infrastructure en nous appuyant sur ces deux expériences, avec la volonté (qui existe déjà avec PRM) de mettre à disposition des données représentatives de manière simple et rapide.

Anne-Laure Martin (Unicancer) : La conjonction s’est faite sur une nécessité d’aller plus loin qu’ESME, qui adresse des questions scientifiques de façon très fine sur les stratégies thérapeutiques, mais qui n’est pas un modèle facilement transposable au développement que nous souhaitons pour l’OncoDataHub (ODH). Nous voulons qu’ODH soit un observatoire du médicament, qui permette de répondre à des questions d’actualité sur l’arrivée des innovations. Cette infrastructure se veut un support concret pour tous les acteurs de la cancérologie pour l’acquisition d’informations complémentaires sur l’usage des thérapies en vie réelle et dans l’accompagnement de l’évaluation et de la décision en santé.

Anne-Laure Martin, responsable de la direction des datas et des partenariats chez Unicancer :
«  Cette infrastructure se veut un support concret pour tous les acteurs de la cancérologie pour l’acquisition d’informations complémentaires sur l’usage des thérapies en vie réelle et dans l’accompagnement de l’évaluation et de la décision en santé. »

Le partenariat entre Roche et Unicancer a été annoncé en mars 2021 : comment le programme a-t-il évolué depuis ?

Anne-Laure Martin : L’accord annoncé en mars portait sur le format et le périmètre de l’ODH. Nous construisons aujourd’hui le « point de départ » d’ODH sur le socle commun existant entre ESME et PRM. Nous travaillons sur un mode de simplification du processus de collecte, passant par l’automatisation, afin de pouvoir générer de l’information utile dès l’arrivée des nouvelles molécules. Notre préoccupation est d’aller très vite vers des applications très concrètes, avec des données rapidement accessibles via des processus de requête simplifiés et dans des conditions très cadrées préservant la sécurité des données. Les acteurs privés ou institutionnels pourront ainsi comprendre le fonctionnement d’ODH, les usages possibles et les investissements qu’ils pourront réaliser. Pour collecter les données, le prérequis est de faire adhérer les établissements de santé à ce programme. Nous sommes en phase de conventionnement avec une première liste de centres pour pouvoir déployer ODH en leur sein, en travaillant avec eux en fonction de la structuration de leurs propres bases de données : il n’y aura pas de standardisation de la méthode de collecte sur tous les établissements. L’idée est de procéder aux premiers exports de données dès janvier 2022. Parallèlement, nous travaillons à la mise en place d’une gouvernance sous forme de consortium : celui-ci devrait inclure l’opérateur Unicancer, des institutions, les industriels investissant dans le programme, des représentants de patients. Nous espérons pouvoir le lancer d’ici mi-2022.

Jean-Marc Pinguet : Avec ODH, comme avec PRM ou ESME, nous voulons préserver l’efficience de la collecte de données. Le programme PRM s’appuie sur plus de 130 établissements : nous les avons déjà presque tous contactés pour leur expliquer notre volonté de basculer progressivement de PRM vers ODH. Ce projet reçoit un accueil très favorable car beaucoup de ces centres étaient demandeurs de pouvoir élargir la collecte de données au-delà des produits de Roche.

Quel est le périmètre de l’OncoDataHub et à quelles questions devra-t-il permettre de répondre ?

Anne-Laure Martin : La construction du recueil des données démarre aujourd’hui dans deux premières indications, les cancers du sein et du poumon, mais le programme s’étendra à d’autres cancers. L’objectif en première intention est de permettre de constituer un observatoire du médicament enrichi de données cliniques très fines, très qualitatives, permettant une compréhension précise des prescriptions médicamenteuses, du profil des patients auxquels les thérapies sont délivrées ou encore de leur parcours de soin, ce que ne permettent pas les grandes bases de données nationales utilisées isolément. Pour autant ces bases apporteront des informations complémentaires et nous visons bien sûr la possibilité de les apparier à ODH. Celui-ci constitue une initiative qui à terme, à l’instar du programme ESME, pourra nourrir le Health Data Hub.

Jean-Marc Pinguet : Les données recueillies par ODH ne se limiteront pas à la réponse aux traitements. Celles-ci pourront être complétées par d’autres données cliniques d’intérêt permettant d’étendre le champ des analyses au-delà de l’utilisation des produits. Nous avons étudié les cas d’usage de PRM et d’ESME pour voir ce qu’il était possible de combiner. Le potentiel est vaste : population cible d’un traitement, fardeau clinique ou économique de la maladie, efficacité d’un médicament, séquence de traitements, impact clinique…

Jean-Marc Pinguet, directeur de la médecine personnalisée chez Roche France :
« Les données recueillies par ODH ne se limiteront pas à la réponse aux traitements. Celles-ci pourront être complétées par d’autres données cliniques d’intérêt permettant d’étendre le champ des analyses au-delà de l’utilisation des produits.  »

Plusieurs laboratoires pharmaceutiques sont déjà partenaires du programme ESME d’Unicancer. Comment les mobiliser sur ce nouveau projet ?

Jean-Marc Pinguet : Unicancer est le responsable opérationnel du programme, nous en sommes le partenaire pour la construction et la mise en œuvre. Mais il importe que demain d’autres acteurs soient intéressés, en étant simples utilisateurs ou partenaires du développement, pour que cette infrastructure perdure, soit financée et se développe. Nous voulons que cette initiative soit complémentaire des autres projets qui se sont mis en place récemment, comme le programme IA et cancer engagé par l’INCa, dont Roche est également partenaire à travers ses entités Pharma et Diagnostics. Pour l’instant, toutes ces initiatives nous paraissent complémentaires plutôt que concurrentes, mais il faut que leurs objectifs soient stables et très lisibles, pour que les acteurs de l’écosystème s’y retrouvent et puissent se saisir de ces différentes opportunités.

Anne-Laure Martin : Roche a été le premier partenaire investisseur sur le programme ESME dans le cancer du sein. Il est aujourd’hui le premier partenaire privé sur ODH, mais il ne pourra pas le financer seul sur le long terme. Nous devrons trouver d’autres investisseurs pour élargir les indications et le périmètre des données acquises. Et nous appelons de nos vœux des investissements publics, puisque le succès viendra aussi de l’intérêt des institutions et des autorités pour cette approche. Un équilibre doit être trouvé pour assurer la pérennité d’ODH qui se veut un outil utile à tous et ce au bénéfice final des patients.

Propos recueillis par Julie Wierzbicki

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